21/07/2025 – energiesdelamer.eu.
La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), qui doit fixer la trajectoire énergétique de la France pour la prochaine décennie, est encore débattue et son actualisation se fait attendre. Or, la transition énergétique n’est pas une option lointaine : c’est une nécessité qui exige dès maintenant des choix clairs, des orientations cohérentes et surtout des investissements massifs.
C’est le constat de Pierre-Franck Chevet qui vient d’être reconduit le 2 juillet 2025, comme président d’IFP Energies nouvelles pour un second mandat. Sa tribune publiée par « La Revue de l’énergie », alerte sur les coûts économiques d’une inaction face au changement climatique n’est pas anodine. Il souligne l’opportunité stratégique que représente la transition énergétique pour l’Europe en chiffrant les risques de pertes cumulées au niveau mondial.
« De quoi se faire très peur » si nos gouvernants n’entendent pas son alerte à propos de le PPE3 … ou tout simplement ne lise pas sa Tribune.
Trois éléments clés
Le coût de l’inaction
- 1 266 000 milliards $ de pertes cumulées prévues entre 2025 et 2100 (OMM)
compare deux scénarios : un réchauffement limité à 2°C et un réchauffement de 4,8°C. Dans ce dernier cas, les pertes économiques seraient trois fois plus élevées d’ici 2100, faisant peser l’essentiel du fardeau sur les générations futures.
L’Europe a-t-elle vraiment le choix?
Le coût de l’inaction dépasse largement celui des mesures à prendre pour réussir la transition énergétique. Investir dans cette transformation constitue donc une priorité stratégique.
En développant massivement les énergies renouvelables, l’Europe ne réduit pas seulement sa dépendance aux énergies fossiles, elle gagne également en autonomie et en résilience face aux crises géopolitiques grâce à un mix énergétique diversifié (solaire, éolien, hydroélectricité, biomasse), limitant les risques de ruptures d’approvisionnement.
De plus, le développement des énergies renouvelables favorise un modèle décentralisé, avec une production répartie sur l’ensemble du territoire. Contrairement aux infrastructures centralisées, plus vulnérables aux sabotages et aux attaques, un réseau énergétique décentralisé est plus difficile à neutraliser. Cette approche renforcerait la résilience de l’Europe face aux menaces extérieures.
Même si elle suppose des adaptations, la transition énergétique est aussi une opportunité. Pour l’industrie européenne, elle peut devenir un moteur de compétitivité durable, de création d’emplois et de leadership technologique.
* Pierre-Franck Chevet a été directeur général de l’Énergie et du Climat au sein du ministère chargé de l’Énergie, puis président de l’Autorité de sûreté nucléaire et membre du Conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies avant d’être nommé président de l’IFP Energies nouvelles.




