14/10/2026 – energiesdelamer.eu.

Ils sont étudiants, élus, chercheurs, professionnels, associations, enseignants… Ils ont participé aux Océanes Atlantique 2026, les 12 et 13 octobre, au Pouliguen, et donnent ici leur sentiment sur ces deux journées – en toute liberté.

Ils ont répondu à deux questions : qu’avez-vous pensé de cette édition 2026 des Océanes ? Quelles pistes d’amélioration imagineriez-vous pour la prochaine édition ?

Vianney Pichereau, Vice président de l’UBO, co-directeur de l’Institut France-Québec pour la coopération scientifique en appui au secteur maritime IFQM.

 » Une ambiance conviviale et bienveillante « 

Ce que j’ai apprécié par-dessus tout, c’est l’ambiance durant ces deux jours : à la fois conviviale, bienveillante et même amicale, entre tous les acteurs qui ne sont pas forcément des experts. Résultat, chacun peut donner son point de vue sans crainte d’être jugé.

Autre point positif, le mélange de profils très divers : des académiques, des élus, des étudiants… Chacun apporte son éclairage, ses préoccupations, ses thèmes de prédilection. Au final, cela donne un mélange passionnant, qui contribue beaucoup à la richesse des débats. Ajoutons que j’ai beaucoup aimé le déjeuner du 2ème jour, à la mairie du Pouliguen avec les huîtres délicieuses offertes par le comité national de la conchyliculture …

Corinne Copin Océanographe (Génération Mer)

 » Deux journées très denses, dans un esprit constructif « 

Ces deux journées des Océanes ont été très denses – peut-être même un peu trop… J’ai beaucoup aimé le brassage des idées et des compétences, l’esprit constructif et positif de tous les participants, le respect de la parole de chacun… De plus, le timing a été tenu, ce qui n’est pas fréquent dans ce type d’événement.

En outre, la dimension de la salle permettait de circuler aisément ; c’était très pratique, notamment pour les ateliers.

Des pistes d’amélioration ? Peut-être pourrait-on faire venir davantage de public.. L’audience était de qualité, les gens participaient volontiers aux échanges, mais il serait possible de mobiliser aussi des acteurs venus d’autres sites – le Pays basque ou la Méditerranée, par exemple – qui sont confrontés aux mêmes problèmes. Une autre piste serait d’ouvrir un peu plus l’événement au grand public, notamment en créant des groupes citoyens. On pourrait aussi inviter des étudiants d’autres disciplines, mais les étudiants ne sont pas toujours facilement mobilisables surtout en ce momentt. Bref, il y a un travail d’approche des gens à effectuer, afin d’élargir l’audience.

 

Catherine Bersani, Haut-fonctionnaire, Présidente de LittOcean

 » Un événement de grande qualité « 

J’ai trouvé cette édition des Océanes encore plus intéressante que les précédentes. Pour de multiples raisons. D’abord, il y avait un lien étroit avec l’actualité – et pas seulement sur les sujets dont tout le monde parle en ce moment, comme l’érosion ou le recul du trait de côte. Et les thèmes abordés étaient traités en profondeur, en évoquant les conséquences globales, et la diplomatie scientifique à l’aube de la future COP Océan de janvier prochain à New York.

Autre point positif, l’ouverture sur le monde a fortement progressé. Les personnes venues du Québec ou avec l’association Agapéco qui a permis d’organiser un atelier sur « Les territoires sentinelles » qui était en duplex avec des associations de Port gentil au Gabon et d’apporter réellement quelque chose de différent et de pertinent.

Les 4 ateliers (2) apportaient une vraie valeur ajoutée : le choix des sujets était très judicieux, et les intervenants d’un haut niveau et parfaitement accessibles. Et le tout se déroulait dans une ambiance très détendue et chaleureuse.

Bref, c’était en tous points remarquable – et pas du tout scolaire. Je suis ravie de ces deux journées au Pouliguen !

Comment faire mieux en 2027 ? Peut-être faudrait-il élargir un peu l’auditoire – par exemple en invitant plus élus du littoral des autres façades comme cela a été fait avec le vice-président des iles du Ponant et maire de l’ile de Houat qui accompagné par un membre et expert de l’équipe municipal ? Nous étions réunis dans une salle assez vaste, et le public paraissait un peu restreint. Il est dommage de limiter la participation à un événement d’une telle qualité. C’est mon seul regret, mais c’était aussi la première rencontre du nouveau cycle de trois ans qui se tiendra au Pouliguen. Il fallait faire l’essai; il est concluant.

 

Deborah Benkort Professeure adjointe en écologie du plancton à l’Institut des sciences de la mer de Rimouski (ISMER), rattaché à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) au Canada.

 » Des échanges informels très utiles « 

J’ai beaucoup apprécié le côté  » intersectionnel  » de ces Océanes – autrement dit, le fait de réunir des représentants de différentes communautés du littoral, des acteurs au profil varié.

Outre les débats eux-mêmes, souvent passionnants, ce qui m’a paru très enrichissant, ce sont les échanges informels, les conversations improvisées, et aussi les ateliers. Tout cela permettait de comparer différents points de vue, parfois opposés, et cela permettait de nourrir le débat. C’était aussi une possibilité de rencontrer les coordinateurs de l’expertise scientifique collective (ESCo) Nathalie Niquil (CNRS) et Cédric Bacher (Ifremer) pour m’inspirer de leurs travaux et de les utiliser comme base au Canada alors que l’on s’ouvre à l’éolien en mer. C’était une occasion unique et hors normes habituelles des congrès ou salons …

Pour les prochaines éditions, j’aimerais à nouveau y participer pour expliquer comment j’ai mis à profit les éléments de l’ESCo et voir participer davantage de jeunes – étudiants ou jeunes professionnels. On pourrait organiser cela en duplex avec des étudiants de Rimouski. Bref, voir s’exprimer encore plus la génération montante, mais l’actualité avec la protestation des étudiants n’a certainement pas permis d’en accueillir plus alors que les universités sont fermées.

Norbert Samama, Maire du Pouliguen, Premier président délégué de l’ANEL (1) (Association nationale des élus du littoral)

 » Aller de l’avant, avec le Québec « 

Ces Océanes Atlantique sont un très bel événement, d’une grande richesse, qui rassemble beaucoup d’initiatives et permet de confronter des points de vue très divers. Il doit nous conforter dans l’idée que l’océan est notre avenir. Jamais nous n’avons eu à affronter des défis aussi importants. Nous avons le potentiel pour aller de l’avant, main dans la main avec le Québec.

Mais il faudrait sans doute inciter davantage d’acteurs à participer à cet événement, nous nous mobiliserons pour le faire…

Laetitia Sanquer SIGNESCENCE

 » Une dynamique collective « 

Ce que je retiens surtout de ces deux journées, c’est l’esprit de collaboration, la dynamique collective. Tous ensemble, nous avons fait circuler les savoirs, dans des domaines très divers. Dans mon cas, en tant que malentendante, je participe au projet. Mon ambition en tant que membre récente de l’association LittOceanes, Initiatives et Territoires est les journées des Océanes Atlantique s’ouvrent à un public souvent privés à cause leur handicap pour participer à cet événement innovant. Nous avons commencé… et le message est passé, car, d’ailleurs, dans sa conclusion, Nathalie Mercier-Perrin, la présidente du Cluster Maritime Français, a bien relevé que Les Océanes avaient poussé la porte et cela devait être une priorité.

Youna Gerin Etudiante en master  » Humanités environnementales  » à Nantes Université

 » Nous avons beaucoup appris « 

Nous étions venus au Pouliguen sans trop savoir ce que nous allions trouver durant ces Océanes. Nous y avons rencontré beaucoup de gens qui s’exprimaient sur des sujets qui ne nous étaient pas familiers, et qui faisaient de la vulgarisation. Nous avons découvert une foule de métiers en lien avec l’océan et le littoral. C’était extrêmement riche, nous avons beaucoup appris. Bref, c’était très réussi.

On peut toujours faire mieux, bien sûr. La seule chose que j’ai regrettée, c’est qu’on percevait parfois un peu d’entre-soi chez les experts. Peut-être faudrait-il faire participer davantage de non-spécialistes, ou des gens d’autres domaines – par exemple du monde du cinéma, des arts, de la culture. Cela permettrait de croiser encore plus les savoirs, et d’ouvrir sur de nouveaux horizons, comme nous avons pu le découvrir avec le film « Planètes » de Momoko Seto du CNRS, projeté au cinéma d’art et d’essai du Pouliguen.

Nathalie Niquil, Directrice de recherche au CRS, enseignante à l’Unicaen

 » Un point de départ pour de nouvelles collaborations « 

De façon générale, j’ai beaucoup apprécié ces deux journées des Océanes Atlantique, et en particulier la diversité des profils des participants, qui s’étendaient bien au-delà du cercle habituel de nos contacts académiques. Cela nous a permis d’élargir notre réflexion. Et pour ma part, cela m’a donné envie d’engager de nouvelles collaborations, sur plusieurs sujets. Pour une enseignante-chercheuse, c’est très appréciable.

J’aurais aimé approfondir davantage la question  » quelle biodiversité souhaiterions-nous ?  » Par exemple, il faut sans doute veiller à préserver un certain nombre d’espèces considérées comme importantes, mais aussi d’autres dont on parle moins, comme les algues laminaires. C’est un sujet qui ressort à la fois de la préservation de l’environnement, du droit de la mer, des questions sociétales même. On pourrait aussi imaginer de créer une « aire marine éducative » sur ces sujets… Au Pouliguen il en existe déjà une qui travaille sur l’érosion. Nous avons maintenant le contact avec le collège Jules Verne et nous nous reviendrons vers eux. On en verra peut-être le résultat aux Océanes Altantique 2027

Propos recueillis par Jean-Claude Lewandowski

(1) Association nationale des élus des littoraux

(2) Avec les séances plénière notamment la présentation en avant première par Floran Augagneur Les ateliers du 12 octobre et la restitution le 13 octobre

Éoliennes en mer, raccordements et biodiversité – L’Expertise Scientifique Collective (ESCo) à l’épreuve du terrain, avec le CNRS et l’Ifremer

Coordinateurs : Nathalie Niquil (CNRS) et Cédric Bacher (Ifremer) – ESCo ; Rapporteur : Agnès Baltzer (Nantes Université)

Pêches et énergies marines face aux zones de protection forte (ZPF) : les termes d’un débat

Coordinateur : Francis Beaucire (CNDP) ; Rapporteur : Christophe Le Visage – France Nature Environnement (FNE)

Prospective, un territoire pilote – Interfaces sciences-politiques pour le développement durable des territoires.

Coordinateurs : Yves Henocque, Camille Rollin (Race for Water) Rapporteur : Corinne Copin (Génération Mer)

Les territoires sentinelles (organisé en présentiel et en distanciel entre la France et le Gabon) – Le littoral garde le moral ! Des territoires sentinelles pour passer du risque à l’action. (en vidéo Guillaume Niarfeix, expert en énergie, Président de la CCI franco-nigérienne)

Coordinateurs : Agapéco, IUT Brest-Morlaix (UBO) ; Rapporteur : Cyril Batolo (Agapéco), Amine Lehna (Blue Deep Foundation)

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POINTS DE REPÈRE

Les Océanes Atlantique : après un 1er cycle de 3 ans (2023-2025), cap sur 2026-2028

 

« Engager une dynamique collective », trois questions à Yves Henocque président de Plan Bleu

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