France – 19/03/2026 – energiesdelamer.eu.
Pas aisé de publier aujourd’hui les réflexions de l’ADEME, et pourtant il est urgent de penser à l’avenir, à la guerre Iran – Moyen-Orient et aux interdépendances qui renversent les équilibres.
Sans oublier, que le premier vendeur de gaz liquéfié sont les États-Unis et que les sanctions contre la Russie en matière d’énergies fossiles pourraient être sensiblement diminuées.
Avec le blocage du détroit d’Ormuz une grande partie des 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole qui y passe habituellement, a fait grimper le prix du brut de plus de 40 % en deux semaines. En frappant les champs gaziers, l’Iran souhaite porter un coup majeur aux économies occidentales. Alors que le prix du baril de pétrole a grimpé de 71 à 114 dollars en trois semaines, le prix du gaz européen a augmenté de 35 % ce jeudi après les frappes contre les sites énergétiques au Moyen-Orient. Une hausse liée en particulier à l’attaque de l’Iran visant le plus grand site de production de gaz naturel liquéfié (GNL) du monde, au Qatar. (Sources public Sénat, AFP, France Info).
Le transport maritime représente aujourd’hui environ 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. À l’échelle planétaire, c’est l’équivalent d’un grand pays industrialisé comme l’Allemagne ou le Japon. Problème : selon l’Organisation maritime internationale, si rien ne change, le transport maritime pourrait représenter jusqu’à 17 % des émissions mondiales en 2050. Alors, comment décarboner ce secteur stratégique pour l’économie mondiale ?
Décryptage de l’ADEME
Une décarbonation devenue urgente
« Le transport maritime est soumis à un double enjeu, » explique Philippe Cauneau, ingénieur au service Transport et Mobilité de l’ADEME. « D’un côté, il doit se mettre au diapason des attentes sociétales en matière de réduction d’empreinte environnementale. De l’autre, il reste indispensable à l’économie mondialisée : 80 % à 90 % des marchandises échangées dans le monde transitent par la mer » (ndrl. en temps normal).
Alors que le transport routier s’électrifie progressivement, « le maritime est longtemps resté le grand oublié des conférences internationales sur le climat » observe Philippe Cauneau.
Aujourd’hui, le secteur émet près d’un milliard de tonnes de CO2 par an. Or, l’Organisation maritime internationale (OMI) a fixé un objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050.
CORIMER : soutenir l’innovation
Le CORIMER (Conseil d’Orientation pour la Recherche et l’Innovation des Industriels de la Mer – Gican, Evolen, SER) présidé par Marie Thabard soutient (via ses appels à projets), le développement de solutions de propulsion décarbonée : carburants alternatifs, hybridation, électrification ou encore propulsion vélique.
Parmi les projets emblématiques figure le programme Silenseas, développé par les Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire. Le premier navire de cette nouvelle génération, l’Orient Express Corinthian, combine trois voiles rigides et une propulsion hybride. Conçu pour accueillir un peu plus d’une centaine de passagers, il tranche avec les paquebots géants de 5 000 à 6 000 passagers et illustre l’émergence de nouveaux modèles de croisière plus sobres.
« C’est un changement de paradigme. L’usage du vent oblige à repenser les vitesses, les itinéraires, et à intégrer une forme de sobriété » souligne Philippe Cauneau.
L’appel à projets « CORIMER Navires Bas Carbone » a toutefois connu un démarrage timide, avec seulement trois lauréats lors de la première relève. Un calendrier serré et une conjoncture internationale incertaine ont freiné les candidatures. La seconde vague, en cours d’instruction, s’annonce plus prometteuse.
» La marche est haute, d’autant que le secteur fait face à une inertie structurelle. La flotte mondiale compte environ 100 000 navires (dont entre 400 et 500 sous pavillon français). Mais chaque année, à peine 2 000 nouvelles unités sont construites. Cela signifie qu’il faudrait cinquante ans pour renouveler entièrement la flotte » rappelle Philippe Cauneau. Et un navire mis à l’eau aujourd’hui naviguera encore en 2050.
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