France – Mardi 21/10/2020 – energiesdelamer.eu. Le projet HECTOR «Hydro-morphodynamique sur le littoral avec la mise en place d’outils collaboratifs pour la recherche scientifique», permettra d’acquérir et de déployer un équipement innovant d’ambition nationale pour les sciences du littoral. Le projet est animé par l’Université de Montpellier (I-site MUSE) en partenariat avec l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (I-site E2S UPPA), l’Université de Bretagne Occidentale, et le CNRS. Le projet Hector a été labellisé par le Pôle Mer Méditerranée lors du comité de pilotage du 23 juillet 2020. Le budget est de 11 270 K€.

En France, les sciences du littoral sont par essence inter-disciplinaires et jusqu’ici, les scientifiques travaillant sur ces sujets sont (souvent) dispersés dans de nombreux laboratoires dans des contextes très différents et aux priorités parfois antagonistes.

Le principe d’une science collaborative au sein d’HECTOR est un impératif stratégique pour assurer le développement et la structuration de cette discipline environnementale.

Le cadre de cette initiative est la zone littorale, avec une attention particulière portée aux systèmes de plage sableuses, rocheuses ou récifales, à la dynamique du trait de côte et aux systèmes estuariens connexes. Les objectifs scientifiques généraux sont vastes. D’une part, il y a la base de mesures in-situ, pour favoriser de nouvelles percées en sciences du littoral, et plus spécifiquement sur les processus hydro-morphodynamiques, d’autre part d’encourager les échanges de connaissances et de valoriser les expériences entre une communauté académique spécialisée et un ensemble d’acteurs impliqués dans des travaux sur les risques côtiers, les énergies marines renouvelables littorales, les ressources en eau et en sable, les effets du changement climatique sur nos côtes, les activités portuaires, le dragage, les systèmes de gestion de crise, les solutions d’ingénierie douces ou basées sur la nature pour la protection des côtes et le développement durable des zones littorales.

HECTOR a été pensé pour qualifier des quantités physiques (niveau, vagues, courants, etc.) encore trop mal documentées et fondamentales pour traiter correctement ces sujets.

L’initiative HECTOR est organisée autour de quatre piliers fondamentaux :

. un équipement de rupture,

. des outils de manipulation et d’analyse de données,

. des installations originales appelées Centres Logistiques de Plage [BLC] 

. une gouvernance simple et efficace.

Aucun de ces quatre aspects n’est négligé, la robustesse de l’initiative dépendant de chacun d’eux également. L’équipement en lui-même consiste en un ensemble totalement inédit de stations mobiles in-situ [IMS] construites autour de combinaisons complexes de composants de pointe mesurant des quantités physiques à haute fréquence et très fine résolution. 
L’organisation animée par l’Université de Montpellier (I-site MUSE), évite la dispersion des ressources et permet de les regrouper à une échelle cohérente, représentative des subdivisions régionales européennes et des trois façades françaises et l’outre mer. Les idées, les équipements et les scientifiques ont déjà circulé librement dans ce réseau collaboratif, ce qui démontre la capacité d’HECTOR à opérer rapidement à l’échelle nationale. Dans chaque centre logistique de plage [BLC], les scientifiques et un vaste réseau de partenaires (entreprises, collectivités locales, associations, institutions) profitent de l’équipement, d’outils et de contacts pour alimenter la recherche et la R&D. Les BLC disposent de moyens pour accompagner l’utilisation des équipements. Ils inventent une nouvelle structuration des sciences littorales en France, aussi proche que possible des besoins locaux tout en étant profondément liés à l’organisation nationale de la recherche. Une telle construction offre les meilleures perspectives de promotion internationale de la recherche littorale française, de développement de transferts R&D efficaces, l’utilisation optimale des ressources publiques et une stabilité économique long terme par la combinaison des financements nationaux et des soutiens des partenaires et autorités locales.

POINTS DE REPERE

Ainsi que le relève le pôle mer, de nombreuses initiatives ont déjà été lancées comme celles :

. du CEREMA, relatives aux études hydro-morpho-sédimentaires en appui à la gestion du Trait de Côte. La direction Cerema Eau, mer et fleuves sur l’analyse et l’étude de la gestion du trait de côte

. de l’université de La Rochelle LIttoral ENvironnement et Sociétés (LIENSs) – UMR 7266 qui se focalise sur les processus hydrodynamiques affectant les zones littorales à court terme (vagues, ondes infra-gravitaires, marée, surcotes), le transport sédimentaire associé et les évolutions morphologiques et stratigraphiques, à des échelles allant de l’évènement hydrodynamique (e.g. une tempête) au siècle. Ces processus sont plus particulièrement étudiés dans les estuaires et les embouchures des côtes meso à macro tidales et sur des objets sédimentaires spécifiques comme les estrans, les flèches sableuses et les bancs de sable tidaux.

. SO LTC en Languedoc Roussillon, site point d’entrée pour la consultation des archives et des bases de données du Système d’Observation Littoral/ Trait de côte. SO LTC est un dispositif dédié à l’analyse de l’hydrodynamique et de la dynamique sédimentaire des systèmes littoraux, sous le patronage de l’OSU OREME, de la DREAL Languedoc-Roussillon, de la Région Languedoc-Roussillon et de l’INSU. SO LTC est également reconnu à titre officiel par l’INSU et ALLENVI comme membre fondateur du SOERE national « Trait de Côte » au coté de l’IUEM à Brest et du laboratoire M2C à Caen. Le statut de SOERE permet de contribuer de manière centrale au développement d’un réseau national de mesure en zone littorale pour le développement d’une activité commune sur le littoral.

Le SO LTC était engagé dans la constitution d’un réseau de mesure littorale sur le bassin Méditerranéen. Ce réseau appelé BIGBLUE doit comprendre à terme une vingtaine de partenaires dans des pays tournés vers la Méditerranée.

 

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