Royaume-Uni – Mercredi 07/10/2020 – energiesdelamer.eu. Hier Boris Johnson, qui est intervenu en online lors du congrès annuel du Parti conservateur qui s’est tenu du 3 au 6 octobre, a promis de faire du Royaume-Uni l’Arabie saoudite de l’éolien, qui doit alimenter selon lui tous les foyers britanniques dans 10 ans dans le cadre d’une relance mettant l’accent sur les énergies vertes après la crise du coronavirus. Il a déclaré “wanted the country to become the world leader in low cost clean power generation.”

Le Premier ministre a promis lors de son discours, que la prochaine génération d’éoliennes soit bien «Made in UK», en proposant d’investir dans les ports et les usines du Royaume-Uni. Il s’est engagé à bâtir non seulement des fermes d’éoliennes fixes, mais aussi assez d’éoliennes flottantes.

Critiqué de toute part pour sa gestion de la pandémie Covid-19, Boris Johnson a assuré vouloir que son pays devienne le leader mondial « de la production d’énergie verte bon marché, moins chère que le charbon et le gaz ». Il a déclaré : « Ce que l’Arabie saoudite est au pétrole, le Royaume-Uni l’est pour le vent: un endroit où les ressources sont disponibles presque sans limite mais dans le cas du vent sans émissions carbone, sans les dégâts à l’environnement »/As Saudi Arabia is to oil, the U.K. is to wind — a place of almost limitless resource but, in the case of wind, without the carbon emissions, without the damage to the environment. Pour y arriver, il a annoncé un investissement de 160 millions de livres sterling (€176 millions) pour construire la « prochaine génération de turbines » et des éoliennes flottantes – des « moulins à vent qui flottent sur la mer » selon ses termes.

Ces éoliennes flottantes représentent une technologie de pointe encore en phase de développement, qui doit permettre d’accéder à des zones marines plus profondes mais surtout plus venteuses. L’investissement dans l’éolien offshore contribuera selon lui à « créer 60.000 emplois et à atteindre l’objectif d’un bilan carbone neutre à l’horizon 2050 », critiqué comme étant trop lointain par les associations écologistes.

Selon les chiffres de RenewableUK, la capacité éolienne en mer opérationnelle du Royaume-Uni s’élève à un peu plus de 10,4 gigawatts. Le Royaume-Uni abrite déjà un certain nombre de grands parcs éoliens offshore, notamment de Hornsea One, dans les eaux au large du Yorkshire, en Angleterre, qui a une capacité de 1,2 gigawatts.

En réponse aux remarques de Johnson, Hugh McNeal, directeur général de RenewableUK, a déclaré que le gouvernement avait «élevé l’ambition de l’énergie éolienne en mer et des énergies renouvelables, et notre industrie est prête à relever le défi».

Le Royaume-Uni a subi la plus forte contraction économique avec une chute de 19,8% du PIB au deuxième trimestre.  En difficulté dans les sondages, Boris Johnson, espère galvaniser ses troupes, et a vanté la « révolution industrielle verte » qui dans la décennie « va créer des centaines de milliers, si ce n’est des millions d’emplois ».

Pendant la campagne des élections de décembre dernier, il avait relevé l’objectif de production d’électricité éolienne en mer à 40 gigawatts (GW) d’ici 2030, contre 10 GW actuellement. L’opposition travailliste a jugé ces objectifs ambitieux mais « inutiles sans plan digne de ce nom comprenant des propositions pour y arriver ».  Unite, le premier syndicat britannique, a relevé que les annonces du gouvernement faisaient « pâle figure comparées aux sommes importantes investies » par la France ou l’Allemagne. Boris Johnson ne s’était pas toujours montré si enthousiaste concernant cette source d’énergie. En 2013, alors maire de Londres, il avait dit préférer le gaz de schiste, dont l’extraction a depuis été interdite au Royaume-Uni, et raillé l’éolien comme incapable de soulever la pellicule se formant sur un riz au lait.

Libre Belgique, AFP, Reuters…