Bruxelles – Mercredi 05/08/2020 – energiesdelamer.eu. L’éolien offshore est appelé à changer la donne dans la transition énergétique mondiale.

Le Global Wind Energy Council publie un nouveau rapport qui montre que 6,1 GW de nouvelles capacités de production d’électricité éoliennes en mer ont été installées en 2019, un nouveau record. Selon le GWEC, les installations devraient se poursuivre au même rythme en 2020 malgré la crise du coronavirus.

Le GWEC, association mondiale de lobbying pour l’éolien, relève de 15 GW sa prévision pour 2030, à 234 GW.

Le Rapport présente les chiffres clés pour le posé et le flottant en Europe, Asie, et Amérique du Nord, l’impact potentiel de la COVID-19,

Avec 6,1 GW de nouvelles capacités installées, 2019 constitue une nouvelle année record pour l’éolien en mer, dont les capacités installées ont atteint 29,1 GW fin 2019. Les prévisions du GWEC sont équivalentes pour 2020, malgré le coronavirus alors qu’un rapport de l’AIE publié ce 27 mai 2020 prévoit une baisse des investissements dans l’énergie en 2020. Ils devraient chuter de 20% pour l’ensemble du secteur, avec un véritable effondrement pour le gaz et le pétrole. Si les investissements dans les renouvelables et l’efficacité énergétique devraient moins subir la crise, leur baisse remet en cause les trajectoires mondiales de transition énergétique et d’accès à l’énergie.

D’ici 2030, les capacités installées devraient augmenter de 205 GW – une estimation relevée de 15 GW par rapport à la précédente, réalisée avant le coronavirus, ce qui montre la « résilience » du secteur selon le GWEC – pour atteindre 234 GW, dont au moins 6,2 GW d’éolien. Cette progression sera tirée notamment par une croissance exponentielle en Asie, mais aussi par le maintien d’une croissance forte en Europe. Elle permettra selon le GWEC de créer 900 000 emplois supplémentaires dans le secteur.

Les pays leaders

En 2019, la Chine a conservé la 1ère place avec un niveau d’installation record de 2,4 GW, suivie par le Royaume Uni (1,8 GW) et l’Allemagne (1,1 GW). La croissance s’accélère en Asie (Taiwan, Vietnam, Japon, Corée du Sud) et aux Etats-Unis.

Le marché mondial de l’éolien offshore a progressé de 24% par an en moyenne depuis 2013, et reste dominé à 75% par l’Europe, qui vise un objectif de 450 GW installés en 2050. Mais les autres continents accélèrent : le GWEC prévoit 23 GW de nouvelles capacités installées en Amérique du Nord et 52 GW en Chine d’ici 2030.

La France

En attendant, l’implantation des futurs parcs éolien en mer prévus en premier à Saint-Nazaire, puis à Saint-Brieuc  attribués lors du 1er appel d’offres et attendus pour 2022, les projets du 2eme appel d’offres ne seront lancés que vers 2023/2024). Il s’agit dans le désordre des parcs de Dieppe-Le Tréport, Courseulles, Fécamp,  … la France « a pris du retard dans le boom de l’éolien offshore », selon le GWEC. Avec 16,6 GW d’éolien (non offshore) installé, aucune turbine offshore posée et une seule turbine flottante d’Ideol (dans le site d’essai SEMREV au Croisic-THeoREM (Ifremer-Ecole Centrale).

Les auteurs notent que lors du 3ème appel d’offres en éolien offshore en 2019, qui a bénéficié de conditions plus favorables, le consortium EDF – Innogy – Enbridge a remporté un projet de 600 MW au large de Dunkerque en proposant un prix de 44 euros/MWh (pratiquement équivalent au tarif ARENH…)

Les perspectives

Au-delà de la prochaine décennie, les principaux organismes gouvernementaux et industriels devraient augmenter le nombre de zones pour accueillir l’éolien offshore.  L’objectif stupéfiant de l’UE de 450 GW d’ici 2050 prévoit des grappes industrielles en mer du Nord (avec près de la moitié de la capacité ciblée), dans l’océan Atlantique, dans la mer Baltique et dans les eaux du sud de l’Europe.  Les installations seront principalement concentrées au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en France, en Allemagne, au Danemark et en Pologne, plusieurs autres marchés de l’UE affichant des volumes à deux chiffres.    Selon, l’OREAC, 1400 GW d’énergie éolienne offshore pourraient alimenter un dixième de la demande mondiale d’électricité, économiser plus de 3 milliards de tonnes de CO2 par an et créer environ 24 millions d’années d’emploi (défini comme un travail à temps plein pour une personne par année civile) d’ici 2050.L’Ocean Renewable Energy Action Coalition (OREAC), est un groupe mondial de principaux développeurs, fournisseurs de technologies et parties prenantes éoliennes offshore, dont GWEC, lancé en décembre 2019, en réponse à l’appel du Groupe de haut niveau des Nations Unies pour une économie océanique durable pour une action climatique basée sur l’océan.  Mais selon l’OREAC, atteindre cet objectif ambitieux serait possible grâce à une collaboration étroite entre le gouvernement et l’industrie, à la stabilité des politiques, à la transparence du marché et au développement responsable, (et à une véritable planification) permettant à l’éolien offshore de prospérer parmi d’autres utilisations durables des océans.

Le programme ESMAP de développement de l’éolien offshore de la Banque mondiale, lancé en mars 2019, vise l’accélération du développement de l’éolien offshore dans les pays non membres de l’OCDE à travers le monde. En tant que partenaire de ce programme, GWEC travaille avec la Banque mondiale pour impliquer les décideurs politiques dans la reconnaissance et la mise en œuvre du potentiel éolien offshore sur leur marché à travers une feuille de route nationale et des ateliers.

Les chiffres clés du rapport : ici