France – Jeudi 30/04/2020 – energiesdelamer.eu. En France, le PIB a chuté de 5,8% au premier trimestre, selon l’INSEE et selon l’étude du CREA publié sur son site ce matin, 11 000 décès liés à la pollution de l’air ont été évités en Europe, dont 1 230 décès en France car la consommation de charbon et de pétrole a chuté.

 

 

 

 

La France connait la plus forte baisse de son PIB (Produit Intérieur Brut) depuis le début de ses évaluations trimestrielles débutées en 1949.

Aux Etats-Unis, le PIB américain a reculé de 4,8 % au premier trimestre 2020 en rythme annuel, selon les chiffres provisoires publiés par le département du commerce américain. Il s’agit du plus fort recul enregistré depuis la récession de 2008. Ce chiffre sera prochainement révisé par le département. 

 

Chute historique de la consommation d’énergie

 

Si lors du confinement, la consommation d’énergie a chuté entre 18 et 25 % selon les pays durant le confinement, sur l’année 2020, la baisse totale devrait être de 6 % dans le monde, estime l’Agence internationale de l’Énergie. Du jamais vu depuis 1930 !

Toutes les énergies sont touchées. Certaines s’en sortent mieux que d’autres, notamment les énergies renouvelables.

 

 

Chute historique des émissions de dioxyde d’azote et de particules fines

 

 

Le Monde a signalé les résultats du nouveau centre de recherche finlandais « Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA) » 

 

 

11 000 décès liés à la pollution de l’air évités en Europe alors que la consommation de charbon et de pétrole chute.  Avec 2 083 décès évités, c’est l’Allemagne qui tire le plus grand bénéfice de cette chute des niveaux de pollution liée au ralentissement de l’activité économique, devant le Royaume-Uni (1 752), l’Italie (1 490), la France (1 230) et l’Espagne (1 081). Les chercheurs du CREA ont analysé les données issues de plus de 3 000 stations mesurant les concentrations de particules fines et de NO2 à travers l’Europe entre le 1er avril et le 26 avril, en les comparant aux niveaux des années précédentes tout en tenant compte des conditions météorologiques.

 

energiesdelamer.eu publie un résumé présenté sur le site du CREA.

« Les mesures de lutte contre le coronavirus ont permis de réduire d’environ 40% le niveau moyen de pollution par le dioxyde d’azote (NO2) et de 10% le niveau moyen de pollution par les particules au cours des 30 derniers jours, ce qui a permis d’éviter 11 000 décès dus à la pollution atmosphérique ( Intervalle de confiance à 95%: 7 000 – 21 000). Cet effet intervient alors que la production d’électricité à partir du charbon a chuté de 37% et la consommation de pétrole d’environ 1/3. La combustion du charbon et du pétrole sont les principales sources de pollution par le NO2 et les principales sources de pollution par les particules en Europe. Ces résultats publiés par le CREA sont basés sur une nouvelle évaluation des impacts de la réduction de la consommation de combustibles fossiles pendant l’épidémie sur la qualité de l’air et la santé. 

 

« La baisse des niveaux de dioxyde d’azote et de particules fines sont respectivement de 40 % et 10 % en avril. 

 

En Italie, en France ou en Allemagne, le confinement a entraîné une baisse sans précédent de la pollution de l’air. Les particules fines et le dioxyde d’azote (NO2) étant responsables, chaque année en Europe, de plus de 400 000 morts prématurées selon l’Agence européenne de l’environnement, des chercheurs ont essayé d’estimer le nombre de vies épargnées grâce à cette chute spectaculaire des niveaux de pollution constatée avec la mise en œuvre, depuis un mois, de mesures pour lutter contre le Covid-19.

 

Toujours sur son site, le CREA déclare  « Les niveaux de pollution de l’air chutent à cause des mesures inattendues contre le virus; cela ne doit pas être considéré comme une «silver lining», mais montre à quel point le bilan des morts massives de la pollution atmosphérique est devenu normal et indique ce qui peut être réalisé si nous passons aux énergies propres.   Une fois les restrictions levées, les décideurs européens peuvent continuer à mettre en œuvre des politiques de réseaux électriques et de systèmes de transport écologiques afin de nettoyer notre ciel afin de ne pas revenir à une forte pollution.  Comme nous souhaitons tous que la vie et les affaires reviennent à la normale, personne ne se réjouit du retour de la pollution par les combustibles fossiles. Il est vital pour les décideurs européens de donner la priorité à l’air pur, à l’énergie propre et aux transports propres dans le cadre des plans de sortie de crise ».

 

Quantifier les coûts économiques de la pollution atmosphérique par les combustibles fossiles est la première étude à évaluer la charge économique mondiale causée par la pollution atmosphérique par les combustibles fossiles, estimant les coûts à 2 900 milliards de dollars américains en 2018, soit 3,3% du PIB mondial, dépassant de loin le coûts probables d’une réduction rapide de l’utilisation des combustibles fossiles.

Comme nous souhaitons tous que la vie et les affaires reviennent à la normale, personne ne se réjouit du retour de la pollution par les combustibles fossiles.

Il est vital pour les décideurs européens de donner la priorité à l’air pur, à l’énergie propre et aux transports propres dans le cadre des plans de sortie de crise.

 

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Le CREA avait publié en février 2020 l’étude “Quantifying the Economic Costs of Air Pollution from Fossil Fuels” 

Ce rapport est, selon le CREA, le premier à évaluer la charge économique mondiale causée par la pollution de l’air par les combustibles fossiles. Il intègre de nombreuses découvertes uniques en leur genre, dont la première étude visant à évaluer la contribution des combustibles fossiles aux niveaux de pollution atmosphérique mondiale et aux impacts sur la santé, ainsi que de nouvelles recherches sur le fardeau de l’asthme et du diabète liés à la pollution atmosphérique. Les coûts économiques de la pollution de l’air par les combustibles fossiles sont estimés à 2.900 milliards de dollars américains en 2018, soit 3,3% du PIB mondial, dépassant de loin les coûts probables d’une réduction rapide de l’utilisation des combustibles fossiles. 

 

 

 

Le CREA estime que 4,5 millions de personnes sont décédées en 2018 en raison de l’exposition à la pollution de l’air par les combustibles fossiles. En moyenne, chaque décès était associé à une perte de 19 ans de vie.

 

Le CREA est dirigé par Nandikesh Sivalingam. Il comprend une équipe de 5 analystes et chercheurs. https://energyandcleanair.org/about-us/staff/

Il soutenu notamment par Climateworks et Bloomberg Philanthropies.