Japon – Mercredi 11/03/2020 – energiesdelamer.eu. La plus grande installation au monde pour la production d’hydrogène vert à partir d’énergies renouvelables a été achevée à Fukushima, à proximité du site de la catastrophe nucléaire de 2011. 

 

 

Le Fukushima Hydrogen Energy Research Field (FH2R) utilise un générateur solaire de 20 MW, alimenté par une énergie renouvelable provenant du réseau, pour faire fonctionner un électrolyseur de 10 MW sur le site de Namie Town, dans la préfecture de Fukushima.   

 

Le consortium qui comprend Toshiba, Tohoku Electric Power et la New Energy and Industrial Technology Development Organization (NEDO) du Japon a déclaré que le projet était le plus grand électrolyseur à ce jour. Le système FH2R peut produire jusqu’à 100 kg d’hydrogène par heure à partir de sources d’énergie propres.    

Le projet servira de banc d’essai pour la production de masse de H2 vert, avec une production initiale destinée à alimenter les voitures à hydrogène et les bus au Japon – dont certains seront utilisés aux Jeux olympiques de Tokyo qui doivent se tenir du 24 juillet au 9 août, mais qui pourraient être reportés.  Le FH2R est le dernier en date d’un nombre toujours croissant d’installations à travers le monde reliant les énergies renouvelables à la production d’hydrogène vert, qui est de plus en plus considéré comme un élément clé de la transition énergétique notamment pour le chauffage et les transports.  Le projet deMcPhy remporté en septembre 2017 (contrat de 1,3 M€) pour équiper l’unité de méthanation opérée par le groupe RAG en Autriche a commencé à fonctionner en novembre 2019 et était jusqu’à présent la plus grande usine d’hydrogène vert au monde utilisant un électrolyseur de 6 MW.

  

L’éolien offshore est également devenu l’un des principaux concurrents de la production d’hydrogène renouvelable avec de grands projets annoncés par Orsted et Shell cette année. En France, plusieurs projets se développent en Vendée, en Normandie … et à Capelle-La-Grande près de Dunkerque, où l’expérimentation menée par Engie avec le projet GRHYD inauguré le 11 juin 2018, teste l’injection d’hydrogène produit à partir d’électricité renouvelable dans le réseau de distribution de gaz naturel et la production d’hythane® (mélange d’hydrogène et de gaz naturel) pour les bus GNV de la Communauté Urbaine de Dunkerque. 
« Dès que le « futur » parc éolien offshore sera opérationnel, il sera raccordé et permettra d’alimenter également le démonstrateur GRHYD » avait déclaré Paul Vergriete, maire de Dunkerque, lors de l’inauguration qui s’était déroulée en présence d’Isabelle Kocher, directrice générale d’Engie.

 

 

A noter que l’université d’hiver e5T qui se tient à Dunkerque aujourd’hui, traitera aussi de l’hydrogène dans le cadre des conférences « Quelles sont les priorités politiques en matière de transition énergétique pour les ports et le transport maritime ? ».
Rendez-vous à partir de 10h à l’Université du Littoral Côte d’Opale (ULCO) – Centre universitaire des Darses, 189 Avenue Maurice Schuman – Dunkerque.
Voir le programme complet dans l’Agenda.

 

 

Points de repère

Le ministère japonais de l’économie, du commerce et de l’industrie encourage l’adoption de l’hydrogène dans sa stratégie sur l’hydrogène publiée en décembre 2017, qui cible également la technologie Power-to-gas (P2G) pour le stockage et l’utilisation de l’énergie à base d’hydrogène qui peut être stockée dans de grandes quantités et pendant de longues périodes à mesure que la production augmente.

L’électricité au gaz utilisant l’hydrogène nécessite une fonction d’équilibrage de l’offre et de la demande du réseau électrique (réponse à la demande) pour maximiser l’utilisation des énergies renouvelables qui subissent des fluctuations importantes de la production. La technologie a également besoin de fonctions pour optimiser le fonctionnement du système en fonction des prévisions de l’offre et de la demande d’hydrogène. Dans l’optique d’étendre l’utilisation des énergies renouvelables, Toshiba ESS, Tohoku Electric Power Co., Inc. et Iwatani Corporation travaillent avec NEDO sur un projet de développement technologique visant à établir un modèle commercial d’utilisation de l’hydrogène et un modèle commercial de vente d’hydrogène pour demande de réponse.