France – Diffusé le 31/12/2019 mis en ligne le mercredi 18/12/2019 – energiesdelamer.eu. Le 16 décembre dernier, Bastien Taormina a soutenu sa thèse sur les impacts potentiels des câbles électriques sous-marins des projets d’énergies marines renouvelables sur les communautés benthiques. Les énergies renouvelables marines ont-elles un impact possible sur la faune marine ?

 

 

Les structures d’accueil étaient France Energies Marines et Ifremer. La thèse s’est tenue sous la direction de Nicolas Desroy du Laboratoire Environnement Ressources de Bretagne Nord Ifremer, Antoine Carlier Ifremer et de Morgane Lejart, responsable du programme des effets du champ électromagnétique sur la faune marine chez FEM.

 

France énergies marines (FEM), Ifremer et l’Institut of Marine research (Norvège) avaient lancé un programme de recherche pour répondre à cette question : Les énergies renouvelables marines ont-elles un impact possible sur la faune marine ?

  

Les trois structures avaient choisi comme espèce « le homard ». « On retrouve en effet ces animaux en nombre important autour des câbles d’export. Cette zone est une sorte de petite réserve, interdite à la pêche. Par ailleurs, le homard présente un fort enjeu économique », indique Bastien Taormina, doctorant à France énergies marines.

 

Bastien Taormina a passé trois mois en Norvège afin de mesurer l’exposition de 200 juvéniles de homard (âgés de trois semaines) à un champ électromagnétique de 200mT, soit quatre fois le champ magnétique naturel.

 

Dans un premier temps, il s’agissait de déterminer si les bébés homards sont attirés ou repoussés par ce champ électromagnétique. Ensuite, nous les avons exposés pendant sept jours. Ils ont été filmés et l’évolution de leur comportement, leur capacité à trouver un abri ont été analysés.

 

Mesures sur les futurs sites du Croisic, Paimpol-Bréhat, Ouessant 

 

Les homards seront-ils désorientés par les ondes électromagnétiques ? On sait que certaines espèces migratoires s’orientent en fonction de ce champ. C’est le cas de la langouste des Caraïbes.

 

Les scientifiques de France énergies marines suivront avec attention les études menées en Écosse sur des homards adultes. Le bureau d’études TBM d’Auray va, lui, mener une expérimentation sur les coquilles Saint-Jacques.

 

En parallèle, France énergies marines effectue des mesures initiales de champs électromagnétiques sur de futurs sites offshore : au large du Croisic (LoireAtlantique), à Paimpol-Bréhat (Côtes-d’Armor), à Ouessant (Finistère)…

 

Toutes ces campagnes de mesures s’inscrivent dans le projet Species. « Le but est d’évaluer les interactions potentielles entre les câbles de raccordement et les organismes benthiques. Nous étudions les effets récif et réserve induits par ces câbles », résume Morgane Lejart, responsable du programme recherche et développement à France énergies marines.

D’une durée de trois ans (2017-2020), Species associe de multiples partenaires : Ifremer, EDF Renouvelables, Centrale Nantes, TBM, la Station marine de Concarneau…

 

 

Et la présentation de la thèse transmise et publié avec l’aimable autorisation de FEM.

Résumé

Dans un contexte de développement rapide des projets d’énergies marines renouvelables, le but de cette thèse était d’améliorer les connaissances sur les impacts potentiels des câbles électriques sous-marins sur les écosystèmes benthiques côtiers. En se focalisant sur la phase de fonctionnement, ce travail était essentiellement dédié à la caractérisation de l’effet récif généré par ces câbles et leurs structures associées (protection, stabilisation) sur les communautés épibenthiques fixées et la mégafaune mobile.

L’étude était principalement basée sur l’utilisation d’images sous-marines prises in situ par des plongeurs. Ce travail a mené à des réflexions méthodologiques sur la manière la plus efficace d’analyser ce genre de données afin d’appréhender pleinement la dynamique de colonisation des structures artificielles et leur rôle d’habitat pour des espèces commerciales.

Outre cet effet récif, certains organismes se retrouvent exposés à des champs magnétiques émis par les câbles électriques.

Ceci m’a conduit à mesurer expérimentalement l’impact de champs magnétiques artificiels sur le comportement du homard Européen (Homarus gammarus) au stade juvénile.

Finalement, nous avons étudié in situ les potentiels bénéfices pour la macrofaune benthique de l’exclusion d’activités anthropiques autour de la route de câbles électriques.

Le couplage d’approches in situ et ex situ m’a permis de mieux appréhender les impacts environnementaux associés aux câbles électriques sous-marins. Ces résultats permettront d’améliorer l’évaluation de l’empreinte écologique des futurs raccordements électriques.