29/09/2026 – energiesdelamer.eu.
Le parquet a requis la relaxe d’Ailes Marines devant le tribunal correctionnel de Brest, dans une affaire liée à une fuite d’huile survenue en 2021 sur le chantier du parc éolien en mer de la baie de Saint-Brieuc.
La substitute du procureur, Marine Brimboeuf, a retenu une toxicité qualifiée de « résiduelle » pour l’huile concernée et l’absence de preuve établissant un dommage environnemental. Le développement de l’éolien en mer se poursuit par ailleurs en Europe, comme l’illustre l’accord permettant à Covestro d’alimenter ses sites allemands en électricité éolienne offshore de 100 MW. La magistrate a toutefois estimé que le dossier justifiait la tenue d’une audience, en raison de la répétition d’incidents signalés entre mai et juillet 2021 sur ce chantier.
Une fuite de 170 litres lors des forages
Ailes Marines était poursuivie pour la fuite la plus importante recensée sur cette période : 170 litres d’huile déversés le 14 juin 2021 à 04H45. L’incident a été attribué au desserrage d’une pièce destinée à guider les opérations de forage en mer pour les fondations des éoliennes. Le signalement aux autorités a été effectué par l’Aeolus, navire appartenant à Van Oord, entreprise néerlandaise sous-traitante d’Ailes Marines. L’huile s’est étalée sur 16 kilomètres de long et 3,3 kilomètres de large, avant une dispersion naturelle constatée le lendemain.
Poursuivie pour rejet en mer de « substance nuisible », Ailes Marines a contesté cette qualification par la voix de son avocate, Me Eléonore Heftler-Louiche. Selon elle, l’huile biodégradable Panolin utilisée sur le chantier ne figure pas dans les listes de produits toxiques prévues par la réglementation européenne. Elle a également affirmé que la fuite n’avait pas eu d’impact sur l’environnement, un constat qu’elle a dit relevé à six reprises par les gendarmes dans le dossier. L’avocate a ajouté que la biomasse de coquilles Saint-Jacques dans la baie de Saint-Brieuc avait atteint des niveaux record pendant la construction du parc.
Les parties civiles réclament des dommages et intérêts
Quatre associations de défense de l’environnement, constituées parties civiles, ont demandé plusieurs milliers d’euros de dommages et intérêts. Me Louis Cadic, avocat de deux d’entre elles, a dénoncé une « faute d’imprudence » imputée à Ailes Marines. « Aucune cause, aussi noble soit-elle, ne peut servir à faire de la mer un laboratoire à ciel ouvert », a déclaré l’avocat à l’audience. Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 9 octobre.
Le parc éolien de Saint-Brieuc est opérationnel depuis mai 2024.
Photo : C Beyssier / Iberdrola Ailes Marines
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