27/05/2026 – energiesdelamer.eu.
« Il faut produire, raccorder, électrifier, réindustrialiser : ce sont nos axes d’effort pour l’équipe de France de l’électrique », déclare Emmanuel Macron dans son discours en faveur de « l’électrification de la France ».
Dans la suite du discours de Belfort du Président de la République, du Plan d’électrification des usages présenté par le Premier ministre en avril 2026, les déclarations ont rappelé des objectifs ambitieux qui avaient été fixés. Le Président de la République a accueilli l’Équipe de France de l’électrification (200 personnes), hier 26 mai 2026 au Palais de l’Élysée pour accélérer la mobilisation nationale en faveur de l’électrification de la France.
Dans la continuité du Plan d’électrification des usages présenté par le Premier ministre en avril 2026, le Président de la République a réuni l’ensemble des acteurs, industriels innovants, entreprises engagées et financeurs, autour d’un objectif commun : électrifier en profondeur les usages et tous les secteurs de l’économie française.
Le chef de l’État a officialisé des engagements concrets pris par des acteurs économiques dans quatre domaines prioritaires :
- la mobilité électrique,
- l’électrification de l’industrie,
- l’électrification des transports,
- l’électrification du bâtiment.
« C’est la déclinaison de cette stratégie de Belfort, mais c’est un axe d’effort important.
Nous devons continuer à faire avancer le programme du nouveau nucléaire que nous avons lancé, 6 EPR et une extension à venir pour 8 réacteurs supplémentaires. Nous devons faire avancer les appels d’offres sur l’éolien en mer qu’a annoncé le gouvernement et qui seront publiés dans les prochaines semaines.
Il faut rester à des prix abordables, c’est très important et je le dis aussi très clairement, je ne soutiendrai pas des projets d’éolien en mer quels qu’ils soient, à des prix qui défient toute concurrence. Il ne faut pas refaire les erreurs du passé. On voit bien les difficultés qu’on a parfois eues d’avoir des projets qui étaient hors de la maille où on continue à payer parfois 15 ans plus tard des prix qui sont totalement déconnectés du marché.
Les autres énergies renouvelables aussi sont à développer de manière équilibrée. Et tout ça parce que c’est une affaire de long terme. 2050, 2060, 2100, c’est aussi l’axe qui est le nôtre pour les générations à venir.
C’est le sens aussi des travaux que mène RTE sur les évolutions de long terme de notre mix électrique et dont les conclusions seront rendues pour la fin d’année. Elles permettront d’éclairer notre décision sur l’extension du programme d’EPR2 à de nouveaux réacteurs et à continuer le travail. C’est aussi ce qui nous permettra de dessiner les prochains conseils de politique nucléaire.
Quand je parle de 2050, 2060, 2100, c’est exactement l’horizon de temps qui a conduit à décider tout ce qu’on a pu faire lors du dernier conseil de politique nucléaire sur la fermeture du cycle et les éléments d’une plus grande autonomie. (Ndrl : La déconstruction de Fessenheim a débuté le 26 mai). Produire de l’électricité, donc, premier axe.
Le deuxième axe d’effort, est d’accélérer le raccordement.
Il faut pouvoir se brancher et se brancher le plus rapidement possible. Alors ça fonctionne déjà, on a des progrès qui sont perceptibles. Nous avons raccordé rapidement pour proposer des solutions pour les centres de données ou pour certains industriels.
La France attire en particulier des grands centres de données et Choose France va encore le montrer dans les prochains jours. Il y a eu des annonces encore en Hauts-de-France ces derniers jours qui ont montré cette force. Il est très clair que quand on parle d’intelligence artificielle, de capacité de calcul, l’avantage comparatif de la France, il convient d’avoir cette électricité décarbonée disponible et une capacité à raccorder dans les temps et de manière compétitive.
Alors sur le raccordement, RTE aura lancé d’ici la fin de l’année la réalisation de cinq grands projets dits « fast track » (1) cette procédure consacre la place justement de notre pays comme premier pays européen pour l’accueil des grands centres de données, en s’appuyant sur la résilience du réseau, l’abondance de cette électricité bas carbone et l’efficacité des équipes d’RTE. Mais notre objectif doit être clair, nous devons élever nos exigences, revoir notre cadre s’il le faut, parce que ce qui est aujourd’hui l’exception, ces quelques projets dits fast track, en termes de délai, doit devenir la norme pour le raccordement.
Et c’est attendu de beaucoup de projets industriels dont certains sont dans cette salle, de beaucoup de projets agricoles et autres. Je salue à cet égard les engagements de RTE pour accélérer les délais de raccordement, très concrètement. Ce sont des investissements pour les grandes zones industrielles au portuaire, Dunkerque, Le Havre, Fos.
Les grands ports français seront aussi compétitifs pour l’accueil de nouvelles industries et ce sont des accélérations dont ils ont besoin. Accélération aussi dans les zones industrielles de taille intermédiaire, en Ile-de-France, Sud-Alsace, Saint-Avold, Valenciennes-Maubeuge, Port-la-Nouvelle, là aussi où c’est attendu. Et c’est une nouvelle logique avec une application pionnière des principes du premier pré-premier servi…
… C’est le cas notamment de la ligne (Ndrl : qui traverse la Camargue) qui doit alimenter la zone industrielle de Fos et ce n’est pas simplement pour le port mais c’est vraiment une électrification de tout le sud et de cet axe méditerranée. Cette ligne est nécessaire et nous devons donner un signal clair pour fournir la visibilité aux industriels qu’ils veulent investir et tout mettre en oeuvre pour que cette ligne soit en service d’ici 2029 pour faire face aux augmentations de consommation, permettre l’électrification des industries présentes et à venir. Ensuite il y a une mobilisation à avoir après la production, le raccordement, une mobilisation collective sur les usages.
Il y a en effet à électrifier nos usages, c’est l’axe d’effort sur lequel nous portons ces dernières années et c’est un axe d’effort essentiel. C’est le cœur du plan d’électrification qui est je le rappelle avant tout aussi un grand plan industriel.
C’est un grand plan de transformation qui embarque 6 000 entreprises et va créer ou pérenniser plus de 600 000 emplois. C’est vous qui portez les solutions, ce sont les français qui choisiront et donc je crois à cet égard qu’il faut leur faire confiance, mettre en capacité d’avoir cette mobilisation collective sur les usages et rendre le passage à l’électrique en quelque sorte naturel et désirable parce que c’est bon pour le pouvoir d’achat, c’est bon pour la compétitivité, c’est bon pour l’indépendance du pays. Alors pour ça il faut donner confiance par la visibilité sur les prix avant tout.
C’est indispensable parce qu’il y a eu beaucoup de messages et contre-messages dans les années qui ont précédé et je remercie l’ensemble des acteurs compétents d’avoir œuvré pour améliorer les choses dans les derniers mois au premier rang desquels l’EDF. L’État a donné une direction sur la production pour avoir une électricité compétitive et donc nous devons continuer d’avancer. C’est maintenant donc aux fournisseurs de traduire cela pour les consommateurs en donnant des prix eux aussi compétitifs sur la durée et des prix prévisibles.
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