Etats-Unis – 01/05/2026 – energiesdelamer.eu.
Deux démocrates de la Chambre des représentants ont informé Patrick Pouyané, Pdg de TotalEnergies, qu’une enquête sur les versements controversés qui avaient accordés à l’entreprise en contrepartie de son abandon de ses baux éoliens en mer au profit d’investissements dans les énergies fossiles, était lancée.
Les décisions du président Donald Trump visent à mettre un terme au développement de l’éolien offshore par le biais de décrets présidentiels alors que les tribunaux fédéraux se soient opposés aux décisions du président Donald Trump qui visent à mettre un terme au développement de l’éolien offshore par le biais de décrets présidentiels.
Les deux représentants américains démocrates Jared Huffman (Californie), membre de la commission des ressources naturelles de la Chambre des représentants, et Jamie Raskin, membre de la commission judiciaire de la Chambre des représentants, exigent des informations sur le premier et le plus important de ces trois accords.
Pour mémoire, en vertu d’un accord rendu public en mars, la société française TotalEnergies recevra 1 milliard de dollars – ce qui correspond essentiellement à un remboursement de ses baux pour des projets éoliens offshore au large de la Caroline du Nord et de New York – si elle investit cette somme dans des projets liés aux énergies fossiles à la place. Jared Huffman a qualifié cette opération d' »escroquerie » et a déclaré que l’administration allait « gaspiller une grande partie de l’argent des contribuables fédéraux si nous les laissions faire ». Dans une lettre adressée mercredi à TotalEnergies et transmise à l’Associated Press, MM. Huffman et Raskin informent l’entreprise que les démocrates ont ouvert une enquête, exigent la communication de documents et de correspondances, et conseillent à Patrick Pouyané de ne pas accepter cet argent. La lettre expose les raisons pour lesquelles ils estiment que cet accord semble illégal.
« On ne peut pas venir aux États-Unis et conclure un accord en coulisses comme celui-ci, qui revient essentiellement à traiter le Trésor public comme une caisse noire, et repartir avec un milliard de dollars », a déclaré M. Huffman.
Interrogée à ce sujet par la presse américaine, TotalEnergies a renvoyé à son communiqué de presse publié lors de l’annonce de l’accord. Le PDG Patrick Pouyanné avait alors déclaré que TotalEnergies renonçait au développement de l’éolien offshore aux États-Unis en échange du remboursement des redevances de concession, « considérant que le développement de projets éoliens offshore n’est pas dans l’intérêt du pays ».
Bluepoint et Golden State sont deux projets détenus par Ocean Winds, (JV entre EDP Renewables et Engie)
Michael Brown, PDG d’Ocean Winds North America, a déclaré que lorsque les conditions du marché changent, « nous devons nous adapter ».
Les opposants aux projets éoliens offshore ont salué la créativité de l’administration. « C’est la dernière stratégie en date et nous pensons qu’elle est gagnante », a déclaré mercredi Robin Shaffer, président de Protect Our Coast New Jersey. Il a ajouté que l’administration « est tout à fait dans son droit d’agir ainsi et que les entreprises privées ne peuvent être contraintes de construire quoi que ce soit ».
Mais pour le chef de file du groupe démocrate minoritaire au Sénat américain, Chuck Schumer (New York), il s’agit d’un « plan de sauvetage pour les donateurs du secteur des énergies fossiles déguisé en accord ». « Donald Trump a passé des années à qualifier les subventions à l’éolien offshore de gaspillage de l’argent des contribuables », a déclaré M. Schumer dans un communiqué. « Aujourd’hui, son administration distribue près de 2 milliards de dollars provenant de ces mêmes contribuables à des entreprises pour qu’elles abandonnent des projets d’énergie propre qui auraient alimenté des millions de foyers américains et créé des milliers d’emplois syndiqués bien rémunérés. »
« Incapable de défendre ses décisions concernant l’éolien en mer devant les tribunaux, l’administration utilise l’argent du contribuable pour racheter les parts de sociétés étrangères dans des concessions éoliennes offshore légalement conclues », a déclaré Sam Salustro, vice-président de l’association pro-éolien offshore Oceanic Network*, dans un communiqué. « Le coût pour les consommateurs est exorbitant. »
Amber Hewett, directrice principale chargée de l’énergie éolienne offshore à la National Wildlife Federation, a déclaré que le fait de contraindre les promoteurs à abandonner l’énergie éolienne offshore au profit du pétrole et du gaz ne ferait que retarder davantage les États-Unis dans leurs efforts pour lutter contre le changement climatique. La combustion du charbon, du pétrole et du gaz est de loin le principal facteur contribuant au changement climatique mondial.
Kristoffer Svendsen a déclaré qu’il s’attendait à voir les entreprises énergétiques se tourner vers les marchés européens et asiatiques, car l’avenir du développement de l’éolien offshore aux États-Unis est « plutôt sombre ». « À ce stade, si vous vous intéressez à l’éolien offshore, vous irez très probablement dans une juridiction où l’on vous veut », a-t-il déclaré.
L’industrie éolienne mondiale a installé un volume record de 165 gigawatts d’éolien terrestre et offshore l’année dernière, et 138 pays alimentent désormais leur économie en énergie éolienne, a indiqué la semaine dernière le Conseil mondial de l’énergie éolienne dans son rapport annuel. Cela suffit à alimenter 118 millions de foyers. Le marché asiatique, mené par la Chine et l’Inde, représentait 80 % du total mondial.
David Carroll, PDG et directeur des énergies renouvelables chez Engie North America, estime lui aussi que l’éolien offshore ne progressera pas aux États-Unis au cours des prochaines années. Il a évoqué le retrait par l’administration de permis délivrés après des années de travail et d’importants investissements, ainsi que l’arrêt de projets en cours de construction pourtant entièrement autorisés, ce qui sape la sécurité d’investissement.
« L’industrie éolienne offshore n’a pas d’avenir solide ici aux États-Unis, et c’est regrettable », a déclaré M. Carroll, qui préside le conseil d’administration de l’American Clean Power Association, lors d’une interview ce mois-ci. « Le Nord-Est a besoin de plus d’énergie, et c’est l’un des moyens essentiels dont nous disposons pour l’approvisionner. »
Montage photo ©EDM – De gauche à droite, les trois démocrates Chuck Schumer, Jared Huffman et Jamie Raskin et le président Donald Trump.
- Sam Salustro rédige et supervise notamment les analyses de marché trimestrielles d’Oceantic. En 2022, il a co-écrit « Advancing Policy Measures to Drive Development of the Domestic Offshore Supply Chain for the Labor Energy Partnership (LEP) Offshore Wind Workforce « , un rapport analysant les obstacles et les opportunités politiques visant à renforcer l’industrie éolienne offshore et sa chaîne d’approvisionnement aux États-Unis.
Sources : AP, energiesdelamer.eu, Oceantic, The Guardian.

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Le versement de l’administration Trump à TotalEnergies ne passe pas
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