25/08/2026 – energiesdelamer.eu.
À l’occasion de la seconde relève de l’appel à projets « CORIMER Navire Bas Carbone », Philippe Tabarot, ministre des Transports, Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche et Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, avec Bruno Bonnell, secrétaire général pour l’investissement en charge de France 2030, annoncent six nouveaux lauréats pour un montant total de 21,4 millions d’euros.
Une seconde relève qui confirme la dynamique de la filière selon les trois ministères.
Opérée pour le compte de l’État par l’Agence de la transition écologique (ADEME), cette seconde relève de l’appel à projets a suscité une mobilisation large : 17 dossiers ont été déposés, conduisant à la sélection de 6 projets lauréats qui viennent. Cette progression témoigne du dynamisme de la filière maritime française et couvre plusieurs grands leviers de la décarbonation maritime : propulsion vélique, chaînes multi-énergie, réduction de la consommation par le traitement du biofouling, développement d’un moteur maritime gazeux innovant et électrification des activités portuaires côtières.
Publié sur le site le 24 août, la Rédaction d’energiesdelamer.eu, a complété pour la newsletter, la communication des ministères par des informations collectées auprès des industriels de Mauric et de Moteurs Bernard. Les régions des lauréats sont : Auvergne-Rhône-Alpes, Bretagne, Normandie, Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire et Région Sud
Projet GDS 3 porté par Grain de Sail Shipping en partenariat avec Chantiers de l’Atlantique
Implanté en Bretagne, ce projet porte sur la conception, la construction et l’exploitation d’un démonstrateur de navire porte-conteneurs à propulsion vélique principale, affichant une empreinte carbone minimale en navigation. En s’appuyant sur l’expertise des Chantiers de l’Atlantique basé Saint-Nazaire en Pays de la Loire, GDS 3 contribue à l’émergence d’une filière industrielle française de la propulsion vélique de fret, capable de produire des navires de charge bas carbone compétitifs et exportables.

Projet EO3 porté par Energy Observer en partenariat acec EO Concept
Ce projet breton consiste à développer, construire et exploiter un navire laboratoire destiné à démontrer la faisabilité technique et opérationnelle d’une chaîne multi-énergie intégrée, combinant plusieurs sources d’énergie bas carbone à bord d’un même navire, et notamment à l’ammoniac. En prolongeant l’expérience acquise par Energy Observer depuis plusieurs années, EO3 permet de tester en conditions réelles de nouvelles briques technologiques appelées à équiper la prochaine génération de navires bas carbone. Prévu pour prendre le relais en 2027, ce catamaran de 30 mètres de long servira de démonstrateur technologique pour tester des solutions de décarbonation et valider l’utilisation de l’ammoniac en mer.
Projet Searenity porté par Subsea Tech, en partenariat avec Naval Group, l’Ecole nationale supérieure de techniques avancées (ENSTA), l’Université Bretagne Sud et CMA CGM
Basé en Pays de la Loire, ce projet vise le développement d’un drone sous-marin entièrement autonome et modulaire, capable d’assurer un nettoyage précoce et fréquent du biofouling – ces salissures marines qui alourdissent la traînée des coques et augmentent la consommation de carburant des navires. En associant un armateur, un industriel de la défense et deux établissements d’enseignement supérieur, Searenity illustre la capacité de la filière à construire des solutions d’efficacité Page 5 / 5 énergétique directement opérationnelles, à fort potentiel de déploiement sur l’ensemble de la flotte mondiale. Conçu pour lutter de manière proactive contre le biofouling en assurant le nettoyage régulier et très amont des coques, à quai comme en navigation, sans câble ombilical et en s’adaptant à tous types de coques. Porté par un consortium réunissant Subsea Tech et CMA CGM, basés à Marseille, Naval Group et le Laboratoire de Biotechnologie et Chimie Marine (Université Bretagne-Sud), ainsi que l’ENSTA, le projet vise une commercialisation d’ici 2030. Labellisé Pôle Mer Méditerranée
Projet Corsica Favorite 2025 porté par la coopérative SailCoop

Corsica Corsica Favorite 2025
Implanté en Nouvelle-Aquitaine, ce projet porte sur la conception, la construction et l’exploitation d’un navire à passagers zéro énergie fossile, destiné à assurer des traversées entre le continent et la Corse en réduisant d’au moins 80 % les émissions de CO2 par passager. Porté par une société coopérative, Corsica Favorite 2025 démontre qu’une offre de transport de passagers bas carbone peut être développée sur des liaisons structurantes pour la continuité territoriale, ouvrant la voie à une décarbonation du transport de passagers vers la Corse. Labellisé Pole mer Bretagne Atlantique 16/01/2026
Projet Vectra porté par le Syndicat professionnel des pilotes des ports de Marseille et du Golfe de Fos, en partenariat avec Mauric et Alternatives Energies
Validé le 28 mai 2026 par le CORIMER, ce projet, conduit en Région Sud, (Provence-Alpes-Côte d’Azur), permet le développement d’une Vedette Électrique de Travail RApide (Vectra), déclinée en série, pour la décarbonation des activités en mer réalisées en zone côtière, notamment le pilotage des navires à l’entrée des grands ports. En associant les pilotes maritimes eux-mêmes à la conception de leurs futurs outils de travail, la pilotine Vectra ouvre la voie à l’électrification d’une flotte de service essentielle au fonctionnement quotidien des grands ports français. Le bureau d’architecture navale et d’ingénierie Mauric (société du Groupe Exail) est basé à Marseille et Alternatives Energies à La Rochelle.
Projet Biomogas porté par Sapaic Industries (filiale Moteurs Bernard) en partenariat avec FEV
Exclusif energiesdelamer.eu. : « Décarboner l’énergie par l’innovation moteurs et redonner un acteur français dans un secteur de la motorisation » Xavier Bernard, CEO de Moteurs Bernard
Implanté en Région Auvergne-Rhône-Alpes à Quincieux (Rhône), le projet est un moteur gazeux V12 de 1 000 kW fonctionnant au biométhane, avec pour répondre aux objectifs de décarbonation du transport maritime. En proposant une motorisation lourde dédiée au biométhane, Biomogas ouvre une voie complémentaire à l’électrification et aux carburants de synthèse, en valorisant une ressource renouvelable disponible sur le territoire national. Ce financement va permettre de réaliser les tests sur le moteur, et d’en développer la carte électronique.
Xavier Bernard à energiesdelamer.eu : « Ce projet porté par Sapaic Moteurs Bernard prévoit le développement d’un nouveau moteur de grande taille (42L 1MW), destiné à la décarbonation des ports et des mobilités lourdes civils et militaires comme les bateaux de travail, remorqueurs locomotives et et groupes électrogènes embarqués ou stationnaires. L’ambition est double, apporter une solution décarbonation grâce à un travail scientifique mené autour des thèmes des mélanges gazeux (biométhane et hydrogène) et redonner un acteur français dans un secteur où ils ont tous disparus ou ont été repris par des sociétés étrangères. L’usine Sapaic Industries est située à Quincieux près de Lyon et nous étudions différentes localisations pour le site d’assemblage des moteurs. Dans ce cadre de ce consortium, nous travaillons avec l’entreprise d’ingénierie moteur FEV située près de Rouen en Normandie. Elle aura en charge de conduire les tests et la mise au point des moteurs ».
Les déclarations des ministres
« Avec ces six nouveaux lauréats, l’État confirme sa volonté d’agir concrètement pour transformer en profondeur le transport maritime. De la propulsion vélique à la motorisation biométhane, en passant par l’électrification des activités portuaires, ces projets illustrent l’excellence et la diversité de l’innovation française, et notre capacité à faire des navires français l’avant-garde de la décarbonation du transport maritime mondial. Une dynamique qui fait écho au succès de l’appel à projets pour la décarbonation du transport et des services maritimes, financé par le fléchage des recettes du marché carbone européen (ETS maritime), lancé le 2 avril dernier et qui s’est clôturé le 6 juillet avec 92 candidatures reçues. » – Philippe Tabarot, ministre des Transports.
« L’appel à projets « Navires Bas Carbone » et l’appel à projet pour la décarbonation du transport maritime (Ndlr. autre appel à projets pour la décarbonation du transport et des services maritimes avait recueilli 92 candidatures à sa clôture), selon le ministère de la Transition écologique, sont financés par les recettes du marché carbone européen. Les solutions développées pour la marine marchande pourront demain bénéficier à la pêche, à la plaisance, et même à la marine nationale, créant ainsi un cercle vertueux d’innovation partagée. En mutualisant nos savoir-faire et en accélérant le déploiement de ces technologies, nous renforçons non seulement notre souveraineté industrielle, mais aussi notre leadership dans le maritime bas carbone. » – Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche.
L’approche s’inscrit dans le cadre beaucoup plus vaste de France 2030, doté de 54 milliards d’euros, selon le ministère de la Transition écologique.
La moitié des dépenses du plan doit contribuer à la décarbonation de l’économie. L’autre moitié est destinée aux acteurs émergents porteurs d’innovation, précise également le ministère. Pour le maritime, la logique RSE est donc doublée d’une logique industrielle : conserver en France la conception, les compétences, les équipements et, à terme, une partie de la valeur ajoutée générée par la transformation des flottes. Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, qualifie ainsi la décarbonation maritime de » projet industriel stratégique « . »Avec ce dispositif, nous faisons de la décarbonation du maritime un projet industriel stratégique. La mobilisation croissante des porteurs de projets, avec 17 dossiers déposés lors de cette seconde relève, confirme que nous structurons durablement une filière maritime innovante, créatrice d’emplois et de souveraineté industrielle. » – Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie ».
Marie Thabard présidente du Corimer : « Je me réjouis de cette annonce, qui confirme l’engagement durable de l’État et de la filière en faveur de la décarbonation maritime. Ces projets illustrent le dynamisme de notre écosystème d’innovation sur différents leviers de décarbonation et notre capacité à développer en France les solutions maritimes de demain. Nous devons désormais poursuivre notre engagement collectif pour le soutien à la R&D et à l’innovation maritime au service de notre souveraineté, de notre compétitivité et de la réindustrialisation. »
L’appel à projets « CORIMER Navire Bas Carbone », lancé en janvier 2025, a pour objectif de soutenir les solutions d’innovation permettant de réduire rapidement et durablement les émissions du transport maritime. Il est porté par le Conseil d’Orientation pour la Recherche et l’Innovation des Industriels de la Mer (CORIMER) géré par le GICAN, Evolen et le SER (pour les énergies renouvelables) et piloté par le Secrétariat général pour l’investissement (SGPI).
La position de l’Etat pour soutenir la transition écologique du transport maritime
Avec cet appel à projets, l’État poursuit son soutien déterminé à la transition écologique du transport maritime, en cohérence avec les objectifs nationaux et européens de relever le défi de la neutralité carbone. Au-delà de l’enjeu environnemental, ce dispositif porte une ambition industrielle claire :
- Soutenir le développement, la première industrialisation et le déploiement de technologies bas carbone conçues et produites en France ;
- Renforcer la compétitivité des industriels français sur un marché mondial en forte croissance ;
- Structurer une chaîne de valeur maritime innovante ;
- Renforcer la souveraineté technologique française sur ces solutions d’avenir et équipements stratégiques.
Il contribue ainsi pleinement à la réindustrialisation verte du pays en favorisant l’émergence de nouvelles technologies, le développement de premières capacités industrielles sur le territoire national et la création d’emplois qualifiés au sein de la filière.
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POINTS DE REPÈRE
France 2030 : Trois premiers projets soutenus pour accélérer la décarbonation du transport maritime
Publiée le 6 février 2026, une première relève avait permis de soutenir trois projets pour un montant total de 6,8 millions d’euros : Projet BEYOND THE SEA, ZELIN, MADINTEC, IMS, projet ECO-SUITE PORTÉ PAR SPINERGIE, projet SYROCO LIVE NEXT GEN PORTÉ SYROCO.
Depuis le lancement de l’appel à projets « CORIMER Navire Bas Carbone », ce sont désormais neuf projets qui bénéficient du soutien de France 2030, pour un montant cumulé de 28,2 millions d’euros, en faveur de l’émergence de solutions innovantes et souveraines de décarbonation pour le maritime.
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