France – 02/06/2026 – energiesdelamer.eu.
2045, c’est demain au CERN, l’acronyme de Conseil Européen pour la Recherche Nucléaire, par lequel on désigne l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire. Il s’agit du plus grand centre de physique des particules du monde.
La Commission nationale de débat public (CNDP) présidée par Marc Papinutti a été saisie conjointement par le CERN et par RTE au sujet d’un projet de futur collisionneur circulaire et de son raccordement électrique situé dans les départements de l’Ain (01) et de la Haute-Savoie (74), en France, et le canton de Genève, en Suisse. Le président de ce débat public est David Chevallier.
Au CERN on approche un monde qui est celui de la naissance de l’univers ! C’est l’absolu… mais au moment de la collision des atomes il faudra avoir une puissance d’électricité considérable, ce qui nécessite de nouvelles installations pour injecter la puissance électrique nécessaire.
Le collisionneur circulaire est un projet étudié par le CERN pour ses 25 États membres, dont la Suisse, ainsi que pour ses 11 États membres associés. Il vise à permettre aux scientifiques de mieux comprendre la matière, les lois de l’Univers et certaines grandes questions encore ouvertes de la physique, dans le prolongement de découvertes majeures comme celle du boson de Higgs.
En effet, ses priorités sont, à court terme, l’amélioration de l’actuel accélérateur, le LHC, qui a permis de découvrir le boson dit « de Higgs », ce qui n’était qu’un début. C’est en effet, le 4 juillet 2012, qu’ATLAS et CMS annonçaient au CERN la découverte d’une nouvelle particule. Une particule sans charge électrique, à durée de vie courte et se désintégrant comme le prévoyait la théorie pour le boson de Higgs. Il fallait encore vérifier son « spin », le boson de Higgs étant la seule particule à avoir un spin nul. En examinant deux fois et demie plus de données, ils ont conclu en mars 2013 qu’un type de boson de Higgs avait effectivement été découvert.
A partir de 2030, notamment par l’installation de nouveaux aimants, il sera à « haute luminosité », et décuplera la quantité de données accumulées. A long terme, l’ambition est de construire le futur collisionneur circulaire (FCC) de 90,7 kilomètres de circonférence (3,5 fois plus grand que le LHC environ), sous la surface de la Suisse (canton de Genève) et de la France (Ain et Haute-Savoie). Dans vingt ans, des électrons de très haute énergie y entreront en collision pour sonder les propriétés encore inconnues du boson de Higgs.
Le débat en France organisé par la CNDP s’est ouvert le 2 juin. La première réunion publique est prévue aujourd’hui.
Côté France, le calendrier et des modalités du débat public sur un projet de collisionneur circulaire porté par le CERN ont été arrêtés lors de la réunion plénière du 6 mai et vous pouvez le retrouver dans l’agenda.
Le Futur Collisionneur Circulaire (FCC) est situé entre la France et la Suisse, le projet prévoit un anneau souterrain d’environ 91 kilomètres, à une profondeur moyenne de 200 mètres. Il est prévu huit sites de surface, dont un à Choulex. Le FCC pourrait accueillir, en deux étapes, deux collisionneurs successifs. Les premières phases de recherches scientifiques commenceraient en 2045.
Son importance exige une étude de faisabilité approfondie. Celle-ci permet au CERN d’évaluer les dimensions scientifiques et techniques du projet, ainsi que ses implications géologiques, environnementales et territoriales. Depuis 2022, des relevés de terrain et des études en sous-sol ont été menés pour mieux comprendre les caractéristiques du territoire et limiter autant que possible les impacts du projet.
Publié le 31 mars 2025, ce rapport de faisabilité constitue la base des prochaines étapes, avant une éventuelle décision des États membres attendue en 2028.
Côté Suisse
Pour Genève et sa région, le FCC a ouvert à la fois des perspectives scientifiques, technologiques et économiques, mais aussi des enjeux liés au territoire, au cadre de vie, à l’environnement et aux infrastructures, qui suscitent des interrogations légitimes. Informer, rendre le projet compréhensible, permettre à chacune et chacun de poser ses questions, faire remonter les attentes, les interrogations, les doutes et les points de vigilance du territoire : c’est l’objectif de cette concertation publique, qui se déroule du 18 mai à la mi-octobre.
Côté France
Considérant que ce projet comporte des impacts significatifs sur l’environnement et présente des enjeux nationaux d’aménagement du territoire, sociaux et économiques, la CNDP a décidé d’organiser un débat public du 2 juin au 1er octobre 2026. Ouvert à toutes et tous, ce débat intitulé « Projet d’accélérateur de particules » permettra d’informer et de recueillir la parole et les recommandations des publics.
Durant la phase de préparation, l’équipe du débat présidée par David Chevallier, avec comme délégué Sébastien Fourmy (ancien délégué du débat national » La mer en débat » présidé par Floran Augagneur). L’équipe chargée de l’animation de ce débat public et de la coordination avec la procédure d’information et de participation du public en Suisse, a rencontré de nombreux acteurs nationaux et des territoires concernés.
Plusieurs événements et outils de participation, en physique (réunions publiques, ateliers, débats mobiles…) et en numérique (plateforme participative, cahiers d’acteurs…) seront mis en place à compter du 2 juin 2026.
Dès à présent, vous pouvez consulter le dossier du débat sur le site internet de ce débat public, vous abonner à la lettre d’information du débat et suivre les réseaux sociaux du Facebook et LinkedIn du débat pour vous tenir informés. L’ensemble des documents d’information et la liste complète des modalités de participation seront publiés prochainement.
Vous pouvez également vous inscrire à la réunion d’ouverture, qui se déroulera le 4 juin à 18h, à Archamps (74).
À mesure que le programme de physique du CERN a évolué et s’est étoffé, les physiciens du Laboratoire ont utilisé des accélérateurs et des détecteurs de plus en plus puissants pour étudier les particules fondamentales. Le CERN a dû innover pour s’adapter à une demande croissante en électricité. Sur une année, le Laboratoire consomme 1,3 térawatt heures d’électricité. C’est l’énergie qu’il faut pour alimenter 300 000 foyers au Royaume-Uni pendant un an. Mais les besoins en énergie varient au fil des mois, selon les saisons et les exigences des expériences.
Au plus fort de sa consommation, généralement entre mai et mi-décembre, le CERN utilise environ 200 mégawatts d’électricité, ce qui représente environ un tiers de l’énergie nécessaire pour alimenter la ville de Genève, située tout près du Laboratoire, en Suisse. C’est durant cette période de l’année que le Grand collisionneur de hadrons (LHC) fonctionne, et il utilise cette électricité pour accélérer des protons à une vitesse proche de celle de la lumière. Durant les mois d’hiver, la consommation d’électricité du CERN redescend à quelque 80 mégawatts.
Des besoins qui ont évolué
D’où provient cette grande quantité d’électricité ? La réponse a évolué avec le temps. Lors de la création du CERN, en 1954, une sous-station électrique sur le site côté suisse suffisait pour répondre aux besoins du Laboratoire. L’électricité, fournie par une centrale électrique, entrait dans la sous-station, puis était redirigée selon les besoins, comme les voyageurs dans une gare. Avec l’extension du domaine – et du programme scientifique -, le CERN a revu sa stratégie d’alimentation en électricité.
Dans les années 1970, une ligne électrique a été installée pour relier une nouvelle sous-station située sur le site du CERN côté français à une sous-station d’interconnexion, 35 kilomètres plus à l’ouest, faisant partie du réseau européen. La sous-station française approvisionne aujourd’hui l’ensemble du CERN, alors que la sous-station suisse est conservée comme source d’alimentation de secours.
Des câbles supraconducteurs pour économiser de l’énergie
Faite de cuivre, la ligne électrique principale a un fort rendement énergétique, mais l’électricité perd une partie de son énergie lors de son transport vers les électro-aimants internes du fait de la résistance électrique et lorsque la ligne est refroidie aux très basses températures requises dans le LHC. Pour remédier à ces pertes d’énergie, les électro-aimants sont reliés à leur source d’alimentation électrique par des câbles supraconducteurs en niobium-titane (NbTi). Ces câbles peuvent conduire 100 fois le courant des câbles en cuivre traditionnels, car ils n’offrent aucune résistance lorsqu’ils sont refroidis à une température proche du zéro absolu. On évite ainsi une grande perte d’énergie lors du passage du courant dans les câbles. Pour qu’ils soient dans un état supraconducteur, les aimants du LHC sont maintenus à 1,9 K (-271,3°C), une température plus basse que celle de l’espace intersidéral, grâce à un circuit fermé d’hélium liquide.
Le câble en cuivre sur la gauche mesure 11 cm de haut, 28 cm de large et 8 cm d’épaisseur. Il peut transporter un courant de 12 500 ampères à température ambiante. Lorsqu’elle est refroidie à 1,9 K, la bobine de niobium et de titane sur la droite devient supraconductrice et peut transporter le même courant (Image CERN)
Lorsque le courant se déplace de sa source d’approvisionnement jusqu’au LHC, il traverse un gradient de températures. De l’eau refroidit les câbles de cuivre afin de faciliter le passage de la température ambiante à la température cryogénique maintenue le long de l’accélérateur.
Aujourd’hui, le procédé de refroidissement constitue le principal facteur de coûts de la supraconductivité. L’énergie économisée grâce à l’utilisation de câbles supraconducteurs est dépensée en énergie nécessaire au refroidissement de ces câbles. Mais les scientifiques du CERN travaillent sur un moyen d’utiliser des câbles supraconducteurs sur l’ensemble du parcours, de la source jusqu’à l’aimant, afin de diminuer l’énergie requise pour refroidir les câbles.
Qui anime le débat public mené par la CNDP ?
Sous la présidence de David Chevallier, une commission de cinq membres indépendants : Claire Bouteloup, Marion Fury, Nicolas Le Méhauté, Véronique Morel et Dominique Simon a été nommée. Cette équipe est appuyée par un secrétariat général, constitué de Sébastien Fourmy (ancien Secrétaire général du débat public « La mer en Débat ») et de Magalie Martin, Zoé Bessard et Célia Mira, chargé de la mise en œuvre et du suivi du débat public.
Un peu d’histoire : Il y a 74 ans ….
A l’époque, Vincent Auriol est le président de la République française. Le physicien français Louis de Broglie lance l’idée, lors de la conférence européenne de la culture tenue à Lausanne en 1949, de créer un laboratoire scientifique européen. Son objectif, favoriser la recherche européenne en physique, alors très faible. En 1952, avec le soutien de l’UNESCO, qui favorise la création de laboratoires scientifiques régionaux (et notamment l’appui du physicien Pierre Auger, qui dirige alors à l’UNESCO le département des sciences exactes et naturelles), onze gouvernements européens décident de créer un Conseil européen pour la recherche nucléaire (CERN). C’est lors d’une réunion à Amsterdam que le site d’implantation des installations de l’organisme est choisi : la commune de Meyrin, en Suisse, située près de la frontière franco-suisse, près de Genève. (Wikipédia).
Il compte actuellement 22 états membres, mais collabore avec de nombreux pays dans le monde et reçoit la moitié des physiciens du monde, qui viennent y mener des recherches.
Les objectifs du CERN
L’objectif du CERN est de découvrir les constituants et les lois de l’Univers, notamment grâce à des accélérateurs et à des détecteurs de particules. Les accélérateurs boostent les particules pour les faire entrer en collision avec d’autres faisceaux ou des cibles choisies, tandis que les détecteurs recueillent les résultats de ces expériences. Grâce à ces outils, le CERN se consacre à « l’étude des composants fondamentaux de la matière ainsi que des forces auxquelles ils sont soumis« . L’organisme clame le caractère purement scientifique des recherches qu’il effectue et se défend de tout objectif militaire dans les travaux qui y sont menés.
C’est au CERN, en 1989, que le Web a été inventé par Tim Berners-Lee. Appelé initialement WORLD WIDE WEB, le réseau a été créé pour permettre les échanges instantanés d’informations entre les scientifiques du monde entier. Un vaste réseau virtuel collaboratif pour faciliter le transit des informations et du savoir, qui a rapidement été offert au domaine public, le 30 avril 1993, pour l’usage qu’on en connait aujourd’hui. Il a ensuite été diffusé sous licence libre afin de permettre l’accélération de son développement et devenir l’immense Toile actuelle.
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