France – 13/02/2026 – energiesdelamer.eu.
Enfin ! Après des mois et des mois de reports et de tergiversations, le Premier ministre Sébastien Lecormu s’est résolu à communiquer les grandes lignes de la nouvelle trajectoire énergétique de la France pour les années à venir – autrement dit, la PPE version 3, tant attendue par tous les acteurs de la filière.
Comme on pouvait le présager, cette nouvelle mouture ne diffère qu’assez peu du diagnostic et des préconisations énoncés le 9 décembre dernier par RTE, le gestionnaire du réseau d’électricité : pas de coup de frein brutal sur les renouvelables, même si la future trajectoire fait d’abord la part belle au nucléaire, principal pilier de la stratégie nationale énergétique.
La situation actuelle de surproduction d’électricité, comme le soulignait RTE, ne devrait être en effet que temporaire. Elle s’explique par la conjonction de différents facteurs : retour à meilleure fortune du parc de réacteurs nucléaires, persistance de la faiblesse industrielle du pays, montée en puissance des renouvelables. Cette surproduction ne devrait durer que quelques années au plus : la demande devrait ensuite repartir à la hausse, notamment avec les besoins nouveaux liés au déclin progressif des énergies fossiles, à l’essor de l’IA et des datacenters et – on peut l’espérer – à une reprise de l’activité industrielle.
Certes, tout cela nécessitera des investissements significatifs dans les réseaux et les équipements destinés au pilotage du système, et en particulier aux opérations de délestage et/ou de stockage permettant d’arbitrer entre les différentes sources d’énergie électrique, selon les circonstances et les besoins.
Mais dans ce contexte, il est regrettable que la PPE, sujet majeur, décisif pour l’avenir économique et industriel du pays, soit en passe de devenir le (nouveau) cheval de bataille de certains. Et qu’elle soit prise en otage pour des raisons politiciennes. Avec des arguments superficiels et des chiffrages biaisés (cf. le coût » minimum de 300 milliards d’euros » , fréquemment avancé pour cette PPE).
La stratégie énergétique de la France mérite mieux et plus de réflexion apaisée. Contrairement à ce qu’affirment certains, elle ne consiste pas seulement à choisir entre les panneaux solaires ou les éoliennes, accusés de défigurer les paysages, et le nucléaire, paré de toutes les vertus. Il s’agit d’une question éminemment complexe, avec des enjeux de politique industrielle, de souveraineté, et même de sécurité nationale. Une question qui nécessite un travail solide et sérieux. Et qui réclame un débat serein.
Mais était-il utile, était-il possible même d’organiser un tel débat au Parlement, quand on voit comment s’est déroulée la discussion toute récente sur le budget – et à quoi elle a abouti ? Peut-on davantage le faire sur certains plateaux de radio et de télévision, avec des animateurs trop souvent avides de sensationnel et d’audience ? Et à quoi va servir la prochaine motion de censure sur la PPE ?
Question subsidiaire : peut-on encore débattre sereinement, en France, d’un sujet aussi important ?
Jean-Claude Lewandowski
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