France – 22/09/2022 – energiesdelamer.eu. La journée de restitution du projet national EMACOP coordonné par l’IREX (Institut pour la recherche appliquée et l’EXpérimentation en génie civil) se tient le 23 septembre à Paris. Ce sera l’occasion de revenir sur les enseignements du guide publié en avril 2020 par le CEREMA sur ces technologies.

Photo du démonstrateur Dikwe en test sur le site en mer de l’Ifremer (réseau THeoREM à Saint-Anne du Porzic)

A l’issue de dix années d’étude pilotées par le CEREMA, il apparaît que les énergies marines côtières et portuaires sont à même d’assurer une production électrique de niche, mais précieuse dans certains cas de figure. L’étude a ainsi montré qu’il serait possible d’équiper entre 10 et 50 sites en France en dispositifs houlomoteurs, pour des puissances comprises entre 100 kW et 10 MW selon la taille des ouvrages concernés.

En Bretagne, seule une moitié des 20 sites étudiés s’y prête. Car, outre des vagues assez puissantes, le houlomoteur exige une profondeur d’eau suffisante, y compris à marée basse, pour y installer les machines.

Une membrane ondulante utilisable à faible profondeur

Certaines technologies échappent toutefois à cette contrainte. Ainsi, la membrane ondulante inventée par Eel Energy peut s’installer aussi bien à la surface qu’au fond de l’eau, ou encore être semi-submergée. Ce qui permet de l’utiliser en fluvial, par exemple pour alimenter en électricité de petits villages africains ou des fermes piscicoles situées dans des zones isolées. « Un prototype est actuellement installé dans une ferme piscicole en sortie du canal de rejet d’eau froide de Gravelines, explique Emmanuel Barré, le président de l’entreprise. Une autre était en test dans la rade de Brest, et une le sera bientôt peut-être dans le Rhône, à proximité de Lyon.

Installées en série, les membranes peuvent couvrir jusqu’à 200 m2 pour une puissance de 750 kW à 1 MW. « Implantées en zone côtière à proximité, plutôt que dans le port même, elles pourraient par exemple alimenter une production d’hydrogène pour ArcelorMittal à Dunkerque. » Eel Energy reçoit d’ores et déjà des demandes pour le Chili, le Congo, les Etats-Unis ou le Canada.

Le houlomoteur, complémentaire du solaire

« L’électricité produite par les énergies marines côtières et portuaires peut s’avérer très utile localement, notamment dans des îles ou des zones éloignées », confirme Philippe Sergent, Directeur technique du projet national EMACOP au CEREMA.

Dans le contexte actuel d’électrification des ports, ces installations peuvent compléter ponctuellement la puissance nécessaire pour alimenter les ferries à quai. « D’autant plus que l’énergie houlomotrice est parfaitement complémentaire, par exemple, du solaire, puisqu’elle produit aussi la nuit en l’hiver » observe Philippe Sergent. Les longues digues des ports de Marseille ou Cherbourg, deux ports engagés dans cette électrification, se prêtent particulièrement bien à ces technologies.

Ces dix dernières années ont vu apparaître plusieurs fabricants et des prototypes de machines très variés. Des projets se développent en Espagne, au Portugal, à Gibraltar, au Royaume-Uni, au Brésil…Contrairement au projet DIKWE développé par Legrand avec Geps Techno et Ifremer, plus adapté aux rénovations et aux constructions neuves, la plupart sont conçus pour des ouvrages existants.

A des coûts de production situés entre 100 et 200€/MWh, les énergies marines côtières et portuaires deviennent d’autant plus intéressantes dans le contexte actuel de flambée des prix. Mais l’instauration d’un tarif de rachat en France, comme il en existe par exemple au Portugal, favoriserait l’émergence de plus nombreux projets.

 

Photo de Une : Installation du prototype Dikwe sur le site d’essais en rade de Brest.Crédit : Ifremer, Olivier DUGORNAY

POINTS DE REPÈRE

La journée de restitution est gratuite sur inscription EMACOP (Energie marines, côtières et portuaires) organisée par l’Irex et le programme EMACOP avec le Cerema, se tient  vendredi 23 septembre à Paris à la FNTP (3 rue de Berri 75008 PARIS) Renseignements : Philippe Sergent Cerema  et Philippe Gotteland IREX

MerVeille Énergie #8
Juin– Juillet – Août 2022 parution septembre 2022

Dossiers : L’électrification à quai, les énergies en mer peuvent y contribuer!

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