France – Jeudi 1/03/2018 – energiesdelamer.eu. L’exemple de Saint-Brieuc (comme celui de Dieppe-Le Tréport, ou Yeu-Noirmoutier…), est révélateur des dérives qui coûtent chers aux territoires et explique aussi le retard pris par la France pour la conquête des énergies renouvelables marines. En effet, à ce jour il n’est plus possible que les parcs éoliens offshore français attribués en 2012 et 2014 puissent commencer leurs installations avant 2020.

 

 

 

Alors que les appels d’offre devaient participer à la création d’une filière française d’énergie renouvelable destinée à exploiter la ressource des vents marins, les consortia des six parcs programmés ont dû faire face à d’importants retards et surcoûts. C’est la raison pour laquelle, l’État et les développeurs se sont accordés sur un partage de l’éventuelle surperformance, qui doit être notifié prochainement à Bruxelles. C’est également la chaîne de valeur et les installations portuaires qui sont concernées. En effet, entretemps, les prix des appels d’offres en Europe ont largement baissé et les technologies évoluées.

 

Les prochains appels d’offres Dunkerque et Oléron

Le ministère de la transition écologique et solidaire a mis ou met en place différentes instances nécessaires pour accélérer et simplifier les procédures administratives et notamment une réduction du mille feuilles administratifs avec une seule chambre compétente pour les recours. Le gouvernement a lancé une campagne d’informations et de débats publics…

 

Le Secrétariat général à la Mer a repris l’offensive, les Régions et les départements sont plus qu’actifs, les industriels comme le danois Ørsted (ex-Dong), le suédois Vattenfall ainsi que les allemands E.ON et RWE tiennent les premières places. Les associations d’industriels comme le GICAN, Evolen qui regroupe des acteurs comme Total, Shell ou le norvégien Statoil, Saïpem, IFP EN montrent de l’intérêt à ce secteur de transition.

 

Le SER, FEE, les clusters et les pôles se regroupent et se parlent mieux, afin la recherche n’est pas oubliée …..

 

Mais des analyses du ministère sur la Stratégie Nationale du Bas-Carbone https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/suivi-strategie-nationale-bas-carbone et des études confirment que des positionnements seront à revoir et des études dont celle d’Emmanuel Nazarenko directeur associé senior du Boston Consulting Group mentionne que seuls, 3 ou 4 groupes d’industriels pour l’éolien en mer, devraient exister à terme. Donc sur ce point les territoires français devront se battre pour conserver les usines de Nantes Saint Nazaire pour GE et l’usine d’assemblage Siemens pour les nacelles au Havre et l’usine de fabrication de pales de LM Wind à Cherbourg et STX à Saint-Nazaire pour les sous-stations et peut-être les fondations.

 

La croissance annuelle du parc européen s’élève à 16% en moyenne, soit 7 à 8 GW de plus chaque année avec une prévison d’une capacité installée de 100 GW en 2030 dans les eaux européennes.

Avec les économies d’échelle, les coûts d’interconnexion (entre 12 et 20 euros par MWh aujourd’hui) pourraient diminueraient de 66%.

Les dernières statistiques publiées par Wind Europe, mentionnent que 3,1 gigawatts (GW) ont été enregistrés en 2017 soit, une progression de 25% qui porte la capacité installée totale à 15,8 GW.

Ce sont donc comme nous l’avions mentionné, 4.000 éoliennes réparties en treize parcs dans onze pays, dont 98% au Royaume-Uni, en Allemagne, en Belgique au Danemark et en Hollande. WindEurope prévoit une puissance installée de 25 GW en 2020.

 

Ailes Marines à Saint-Brieuc

 

Mais revenons à l’exemple d’Ailes Marines qui ne devrait pas avoir de nouvelle évaluation environnementale à faire à propos de l’impact du changement d’éoliennes.

Une réponse au recours gracieux déposé par la présidente de l’UPEEL le 2 janvier 2018 dernier qui portait sur la décision n° F-053-17-C-0093 du 6 décembre 2017 a été rejeté. L’Ae maintient sa décision de dispenser Ailes Marines d’évaluation environnementale, à la suite de la modification du parc éolien en mer.

Après examen, l’Autorité environnementale (Ae) a décidé lors de sa séance du 21 février 2018 de maintenir la décision par laquelle la modification du parc éolien en mer au large de la baie de Saint-Brieuc.

 

Quel était l’objet de l’appel ?

 

Le recours déposé contre la récente décision d’autoriser le passage de la turbine 8MW d’Adwen (société devenue Gamesa, puis Siemens Gamesa) à la turbine Siemens Gamesa 8MW était relatif « à la non demande d’une nouvelle évaluation environnementale. En effet, le diamètre du rotor de la Siemens Gamesa est de 160 m au lieu de 180 m. Les fondations de type « jacket » sera de quatre au lieu de trois, mais les longueurs des pieux passent à 45 m de profondeur alors qu’il était prévu qu’ils soient de 14 m), en fonction du type de roche. Le diamètre de 2,20m reste inchangé est l’association anti éoliennes UPEEL estimait que cela était nécessaire.

L’autre changement concerne la sous-station électrique à laquelle sont reliés les câbles sous-marins des éoliennes. Initialement, le refroidissement se faisait par eau, dorénavant, il se fera par air.

 

Le calendrier n’est pas modifié

Ailes Marines a estimé que les autorisations seront purgées de tout recours au 2e semestre 2019. La décision finale d’investissement sera prise donc début 2020. La construction devrait débuter en 2021 avec une mise en service en 2023. Soit 10 ans après le lancement de l’appel d’offres en 2011, remporté en avril 2012 par Ailes Marines détenu par IBERDROLA, Eole RES, la Caisse des Dépôts… avec l’accord industriel d’Adwen devenu Siemens – Gamesa.

500 emplois devraient être créés. Brest sera le port d’installation et Saint Quay Portrieux celui de la maintenance.

Ailes Marines a , avec les CCI, le Conseil régional de Bretagne… déjà débuté depuis plusieurs années l’identification de ses fournisseurs.

Impact environnemental. Le préfet des Côtes-d’Armor a décidé de mettre en place un comité de gestion et de suivi en s’appuyant sur un conseil scientifique.

Après un premier état des lieux durant plus de deux ans, une nouvelle étude permettra de réactualiser les données. Elle débutera en mars ou avril pour une de trois ans. 

Pour mémoire un appel à projet avait été lancé en 2013 auquel le Syndicat Mixte du Pays de Saint Brieuc pour une gestion intégrée des zones côtières avait répondu en 2013 ICI.

Il existe également un Plan Climat Territorial des Côtes d’Armor 2013 – 2018 ICI.

 

Les compensations

. Les oiseaux

2018 marquera par les premières mesures dites de compensation. Partant du principe que les éoliennes vont générer un certain taux de mortalité chez quelques oiseaux, en compensation, Ailes Marines prévoit de travailler à la préservation d’autres espèces. 

 

. Les homards

Des accords sont passés avec les pêcheurs et les exploitants de bateaux pour la coquille Saint-Jacques.

 

. Les fouilles archéologiques. 

Un inventaire archéologique va être mené sur la zone du futur parc éolien. Après un travail bibliographique, d’éventuelles fouilles seront entreprises….

 

Points de repère

 

L’UPEEL (Union du Penthièvre et de l’Emeraude pour l’environnement et le Littoral) a été créée le 6 juin 2017 et regroupe des associations de la zone ainsi décrite (Penthièvre et Côte d’Emeraude) ; elle reprend les mêmes buts que le collectif CAPE, qui par son absence de statuts, ne pouvait pas déposer directement de recours.

Depuis 2010, CAPE a organisé 14 réunions publiques-débats sur le projet éolien en mer de la Baie de Saint-Brieuc, rencontré à de nombreuses reprises les représentants de la Région Bretagne, du département des Côtes d’Armor, du lauréat AILES MARINES pour exposer les raisons de son opposition au projet, proposer des alternatives, participé au débat public en 2013 ainsi, qu’à l’enquête publique de 2016.

 

10/01/2018 – energiesdelamer.eu. Changement de machines autorisé. Après avoir obtenu l’accord de Nicolas Hulot pour changer les éoliennes Adwen AD8-180 préalablement prévues pour le parc éolien en mer de Saint Brieuc, Ailes Marines a reçu l’accord du Préfet des Côtes-d’Armor pour la modification de ses autorisations administratives délivrées en avril 2017.

 


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