Etats-Unis / France – Mardi 03/11/2020 – energiesdelamer.eu. Les bureaux de vote aux Etats-Unis sont ouverts depuis ce matin (heure locale). Près de 70 millions de vote par correspondance ont déjà été reçus. Sur le plan national, l’écart entre Biden et Trump est significatif (54% contre 44%) avec très peu d’indécis. Mais Donald Trump, président sortant, peut néanmoins gagner; energiesdelamer.eu a demandé au Professeur Robert I. Bell qui participait à la Table ronde des économistes de l’Université d’été de La Rochelle organisée par e5t*, d’expliquer comment les Etats-Unis pouvait mieux promouvoir le développement des énergies renouvelables par un système de « Tax shelter » niche fiscale.

Selon Robert I. Bell, si Joe Biden propose $ 2000 milliards pour assurer une transition énergétique vers les énergies renouvelables et si l’Europe peut engager un montant similaire, cette dernière pourrait encourager des investissements dix à quinze fois plus importants et assurer son avenir énergétique avec des incitations fiscales, a-t-il déclaré à energiesdelamer.eu.

Pour illustrer son propos, Robert I. Bell professeur de management, ancien président du département de finance et de management au Brooklyn College (City University de New York) a permis à energiesdelamer.eu de reproduire un large extrait de la tribune qu’il a publié dans le Monde le 23 octobre 2020 afin d’illustrer également son interview sur la chaine You Tube energiesdelamer.eu.

Extrait de la Tribune parue dans le Monde. « Ce sont les Etats-Unis qui vont probablement encore gagner la course » aux énergies renouvelables si Joe Biden devient président des Etats-Unis.

« On peut toujours compter sur les Américains pour faire ce qu’il faut, quand ils ont épuisé toutes les autres possibilités. » Que Churchill ait ou non prononcé cette phrase, elle pourrait s’avérer prophétique si Biden gagne. Son plan pour les énergies renouvelables est si massif qu’il éclipsera le programme actuel de l’Union européenne.

Les Etats-Unis ont-ils épuisé toutes les autres possibilités ? Sans aucun doute. Les présidents Bush ont lancé deux guerres contre l’Irak. La première était presque entièrement axée sur le pétrole. Quant à la seconde, Alan Greenspan, ancien président de la Fed, écrit dans ses Mémoires : « Il est politiquement peu commode de reconnaître ce que tout le monde sait… La guerre en Irak est en grande partie une affaire de pétrole. » Obama avait fait campagne sur le verdissement de l’économie, mais il a poussé le développement de la fracturation hydraulique. Trump a tenté de relancer le charbon et il a favorisé lui aussi l’industrie de la fracturation. Celle-ci a continué à opérer, en s’endettant massivement. Les cours du brut ont baissé. La Russie et l’Arabie saoudite se sont lancées dans une guerre des prix. Ajoutez à cela l’effondrement de la demande avec la pandémie ; couverts de dettes, la plupart des « frackers » sont en faillite.

Sous Biden, les Etats-Unis feraient enfin ce qu’il faut, avec un plan pour parvenir à la neutralité carbone du secteur électrique d’ici 2035. S’il est élu, il faudra s’attendre à une accélération sans précédent, qui verra les Etats-Unis récupérer les brevets, les marchés, et devenir le leader incontesté dans le domaine des énergies renouvelables, comme ils l’ont fait avec le numérique il y a trente ans.

L’Europe devrait pourtant, en principe, gagner la compétition. Elle possède le premier développeur d’éoliennes offshore pure player, Orsted. Le danois Vestas Wind Systems et le germano-espagnol Siemens Gamesa Renewable Energy dominent le marché mondial des éoliennes. A moins d’une percée scientifique – qui figure dans la stratégie de M. Biden –, la transmission de l’électricité sur longue distance passera par les lignes à haute tension en courant continu : dans ce domaine également, l’Europe dispose d’un avantage concurrentiel considérable, avec des leaders mondiaux comme le français Nexans, l’italien Prysmian, le danois NKT et le suédo-suisse ABB….

Robert I. Bell est l’auteur de nombreux ouvrages dont « La bulle verte ? : La ruée vers l’or des énergies renouvelables (Français) paru en janvier 2007, (traduction Annabel Macgowan), qui est l’une des bibles de l’impact des énergies renouvelables en économie et en finance.

Avant que Robert I. Belle intervienne lors de la table ronde des économistes, consacrée au premier bilan de la Covid-19 et aux évolutions majeures sous l’effet de la crise sanitaire, s’étaient successivement Christian de Perthuis, Raphaël Boroumand et Marc Touati. 

Pour Marc Touati, « Il faut faire un reset, on doit miser sur l’innovation, notamment les énergies de la mer. On ne doit pas opposer l’économie et l’écologie »….  Il faut faire de la croissance durable et propre, avec notamment les énergies de la mer…. Il faut innover d’un point de vue réglementaire. Le secteur pétrolier est bien légiféré. Il faut faire la même chose pour les énergies renouvelables de la mer, ce qui nous permettra d’avoir une vraie dynamique de croissance et surtout créer des emplois.


Dans son dernier ouvrage, qui vient de paraître « Reset : quel nouveau monde pour demain ? », Marc Touati, président fondateur du cabinet ACDEFI (Aux commandes de l’économie et de la finance) estime que les chocs équivalents au krach de 1929, les attentats du 11 septembre 2001, la faillite de Lehmans Brothers, bien que de nature très différentes ont un point commun : Ils font tomber la planète dans l’inconnu, imposant à dernière de changer de paradigme économique et sociétal …. « Si Biden est élu, quelle attitude aura-t-il vis à vis de la Chine et restera-t-il un opposant ? Par ailleurs si s’il suit son programme les impôts sur les bénéfices des entreprises vont augmenter, alors que Trump les a baissés…. Au niveau français, il faut retrouver la confiance – en baissant les impôts davantage, sur les entreprises et sur les ménages – et, sur du long terme, donner une vision stratégique d’innovation. Au niveau mondial, il faut miser sur une meilleure cohésion pour permettre les relocalisations. Le seul moyen d’y parvenir, c’est d’imposer à la Chine des normes sanitaires, sociales, sociétales, démocratiques, et nous aurons besoin pour ça de nous allier aux États-Unis. Il faut absolument retrouver une certaine indépendance vis-à-vis de la Chine, sa position d’Usine du Monde est extrêmement dangereuse. … Enfin, Marc Touati souligne que « le véritable moyen de freiner l’augmentation excessive des cours des matières premières réside principalement dans la capacité à innover et à engager le monde dans une double révolution :celle des NTE (Nouvelles Technologies de l’Energie) et celle des NTA (Nouvelles technologies de l’Agro-alimentaire). Cette double mutation permettra tout d’abord de relancer la croissance mondiale après la « Coronarécession », mais aussi d’optimiser les ressources naturelles et d’accompagner le développement de la planète en réduisant les risques de pénuries. Ensuite, elle assureraune période durable de croissance soutenue créatrice d’emplois et de revenus…

Les universités d’été de la Rochelle et de Dunkerque sont organisées par e5t dont la Fondation est présidée par Myriam Maestroni. La déléguée générale est Daiana Boismoreau. energiesdelamer est partenaire média des Universités organisées par e5t.

« Reset » septembre 2020, publié chez BOOKELIS – 17€

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