France – Jeudi 18/06/2020 – energiesdelamer.eu. Entretien avec Jean-Philippe Pagot, Directeur Environnement marin au sein d’EDF Renouvelables, élu président de FEM, mardi dernier, par les associés de la SAS France Energies Marines (FEM).

Vous venez d’être élu à la présidence de l’ITE – Institut pour la Transition Energétique de France Energies Marines et en tant que membre associé, quelles seront vos premières recommandations, pour la nouvelle feuille de route de FEM qui est attributaire d’un coup de pouce financier de 8 millions d’€ destiné à soutenir la R&D développée dans les TPE et PME des EMR ?

JPP – Avant toutes choses, j’aimerais poser les bases de cette présidence que je veux inscrire dans la perspective d’un service que je souhaite rendre à toute la filière.

Je suis profondément convaincu que France Energies Marines, avec le support de toutes les parties prenantes, travaille pour le bénéfice de l’ensemble de la filière. Je serai extrêmement vigilant sur l’équité des choix et des arbitrages pour que le travail de FEM continue de faire référence auprès de tous.

On ne peut parler de nouvelle feuille, nous sommes dans la continuité de la stratégie et des orientations historiquement mis en place par le directeur général Yann Hervé De Roeck et par les équipes. Je suis absolument aligné avec les choix historiques.

Ce qui est nouveau ou renouvelé, c’est l’engagement clair et volontaire de l’Etat avec un financement public annoncé de près de 16 m d’€ sur la période2019-2024. Cet engagement est clairement la reconnaissance de l’efficacité et de l’expertise développées par les équipes de FEM. Nous devons répondre à cet engagement par une ambition renforcée et une implication forte du secteur privé.

Le challenge immédiat de FEM et de ses partenaires est de trouver les financements « miroirs » pour assurer la réalisation des futurs projets. Soyons ambitieux sur les thématiques de R&D, sur les nouveaux partenaires et sur le rayonnement de l’ITE… C’est le rôle et l’engagement de la gouvernance mise en place pour France Energies Marines.

Selon votre expérience d’opérateur, quelles seraient les priorités techniques, environnementale et sociétale pour la R&D.

JPP – Depuis 10 ans que les projets français d’EMR sont entrés en phase de développement et au moment où certains d’entre eux entrent en exécution, je note que les sujets convergent et que la demande et le besoin orientent la R&D vers la combinaison des thématiques. On voit ainsi apparaitre des projets mêlant les expertises strictement biologiques à des problématiques socio-économiques additionnées d’une surcouche technique.

Il n’y a donc pas de priorité mais des tendances qu’on peut illustrer ainsi, en tant que sujets traités préférentiellement par la R&D collaborative :

Environnement : nécessité d’une vision intégrée des enjeux et des effets, avec la réalisation de modèles trophiques par exemple (#Trophik,) ce qui doit nous permettre de disposer d’une vision dynamique des écosystèmes et des services qu’ils rendent (#Windserv).

Aspects sociaux économiques : dans le contexte des objectifs de développement durable, on ne peut pas s’affranchir d’une vision qui intègre l’économie des projets mais qui tient également compte des territoires, de leur usages et de leur culture (#Appeal)

Technique : les contraintes du milieu marin sont telles qu’un vaste ensemble de sujets doivent traiter du design et du monitoring compte tenu du développement de nouvelles technologies (Dimpact, #Dunes, #Dynamo, #MONAMOOR…)

Expertise institutionnelle : disposer d’un organe de référence pour les questions de toutes les parties prenantes (#COME3T)

Points de repère

16/06/2020 – Les associés de la SAS France Energies Marines (FEM) ont nommé Jean-Philippe Pagot comme nouveau Président.

Février – Juin 2020 – Une vingtaine de travaux de recherche présentée lors de la Journée « Doctoriales »organisée par le GP5 – ANCRE coordonné par Chantal Compère (Ifremer) et Thierry Becue d’IFP énergies nouvelles (IFPEN) en octobre 2019 a été publiée par MerVeille Énergie #2. Les résumés sont en français et en anglais.

Les articles sont accompagnés par une cartographie française de ces recherches, permet un large tour d’horizon sur les thèses récemment soutenues ou en cours sur les éoliennes en mer posées ou flottantes, l’hydrolien, le navire de transport d’hydrogène, les simulateurs … Deux travaux menés par FEM, ANODE par Nicolas Michelet et la modélisation spectrale des ondes pour des applications aux énergies marines renouvelables par Andrea Ruju sont publiés. A feuilleter gratuitement ou à acheter en téléchargement 5 €TTC. (Version papier épuisée)