Europe – Mercredi 31/07/2019 – energiesdelamer.eu. L’évolution est lente, mais la prise de conscience semble s’accélérersous les pressions des ONG, des citoyens … et de la future prise de fonction d’Ursula von der Leyen. En effet, la Banque européenne d’investissement (BEI) pourrait aligner l’octroi de ses prêts avec les objectifs de l’accord de Paris.

Dans sa nouvelle stratégie pour l’énergie publiée le 26 juillet, la BEI déclare vouloir arrêter tous les financements aux énergies fossiles d’ici fin 2020.

C’est peut-être la dure bataille de confirmation de la nouvelle Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui a convaincu la BEI d’apporter ce changement de politique mentionne FORBES.

Lors de ses entretiens avec les groupes politiques du Parlement européen en prévision de son vote de confirmation, Ursula von der Leyen a souscrit à l’idée du président Emmanuel Macron de créer une banque climatique européenne, affirmant qu’elle transformerait la BEI en une telle entité.

Deux semaines plus tard, le dernier projet d’actualisation de la politique de prêt de la BEI contient un nouveau libellé engageant la banque à «éliminer progressivement le financement des investissements dans les infrastructures énergétiques directement associées aux combustibles fossiles… [et] ne plus lancer de projets après l’adoption de cette politique et cessera de prêter de l’argent à des projets liés aux énergies fossiles d’ici la fin de 2020 ».

 

Les dirigeants de la BEI semblent donc bien avoir pris en compte ces critiques et les observations du Commissaire européen Miguel Arial Canete ainsi que celles de Karl-Heinz Lambertz, le président du Comité (européen) des Régions. « Bien qu’elle comprenne totalement le rôle que les énergies fossiles continueront de jouer dans les systèmes énergétiques européens pour au moins la prochaine décennie »

 

La BEI prévoit donc d’agir dans quatre directions pour lutter contre le réchauffement climatique : l’efficacité énergétique, notamment dans le secteur de l’immobilier résidentiel ; le renforcement des énergies renouvelables pour atteindre l’objectif de 2030 (27 % de renouvelable dans la consommation) ; l’investissement dans les nouvelles technologies bas carbone ; le développement des infrastructures énergétiques.

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Pour parer aux critiques des États fortement dépendants des énergies fossiles, les dirigeants de la BEI veulent également mettre en place un programme d’aide à la transition (« Energy Transition Package »).

image Forbes-Getty Images

 

 

 

Le document publié par la BEI doit encore être validé par les États membre de l’Union européenne, tous actionnaires de la banque qui se réuniront à partir du 10 septembre prochain ».

 

Parmi de nombreux rapports, deux ont mis ouvertement la BEI et les Etats en cause

 

Publié le 17 juin 2019, le rapport de l’OCDE avait constaté une relance du soutien aux combustibles fossiles, « qui compromet la lutte contre le changement climatique » et le rapport « Failing Better or Climate Success ? Briefing on the Européen Investissement Bank Support to fossifuels » publié six mois plus tôt par l’ONG Bankwatch présenté à l’occasion de la COP 24, avait révélé que la BEI (graphique) avait financé à hauteur de €11,8 milliards des projets d’énergies fossiles entre 2013 et 2017 (graphique). Autrement dit, 20% de l’argent public prêté serait parti dans le secteur énergétique entre 2008 et 2015. Ces prêts ont été accordés principalement à des projets gaziers, comme le Corridor Sud qui relie le régime dictatorial de l’Azerbaïdjan à l’Italie.

 

Le Rapport de l’OCDE

Publié en juin, le rapport mentionne que les subventions aux énergies fossiles sont préjudiciables pour l’environnement, ont un coût et faussent la concurrence. Après 3 années de tendance à la baisse entre 2013 et 2016, les aides publiques en faveur de la production et de l’utilisation des combustibles fossiles sont de nouveau en hausse, mettant ainsi en péril les efforts fournis pour stopper les émissions de gaz à effet de serre, maîtriser la pollution atmosphérique et réussir la conversion vers une énergie moins polluante et plus abordable. Comme l’OCDE et l’AIE le constatent dans un nouveau rapport à l’intention du G20, le montant alloué dans 76 pays, a augmenté de 5 % pour totaliser 340 milliards USD en 2017.

 

Le rapport OCDE-AIE sur l’état d’avancement des réformes des subventions inefficaces aux énergies fossiles qui encouragent leur surconsommation montre également que même au sein d’un groupe de 44 pays de l’OCDE et du G20 dans lesquels le soutien aux combustibles fossiles continue de reculer, cette baisse a ralenti. Elle s’est chiffrée à 9 % en 2017, contre 12 % en 2016 et 19 % en 2015.

 

Ce revirement coïncide avec le rétablissement, dans certains pays, de mesures plus strictes de contrôle des prix des combustibles fossiles, en réponse à la volatilité des cours mondiaux du pétrole qui a entravé la poursuite des réformes de la tarification et de la fiscalité de l’énergie.  

Des améliorations

Des progrès ont toutefois été réalisés : selon le rapport, un grand nombre de pays, dont l’Argentine, l’Inde, l’Indonésie ainsi qu’une partie de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, continuent de s’employer à réduire le soutien à la consommation d’énergie. L’élimination progressive des subventions accordées au lignite a été menée à bien en Europe occidentale et la suppression des aides publiques à la production d’électricité par les centrales à charbon se poursuit dans l’Union européenne.

… mais toujours des dispositifs d’incitation

En revanche, dans plusieurs pays, les secteurs du pétrole et du gaz bénéficient toujours de dispositifs d’incitation, le plus souvent de nature fiscale sous la forme d’un traitement préférentiel pour le recouvrement des coûts. De telles mesures vont à l’encontre des efforts nationaux de réduction des émissions.

Le rapport a été présenté aux autorités des pays du G20 chargées des questions d’énergie avant la tenue de la réunion ministérielle du G20 sur les transitions énergétiques et l’environnement mondial, à Karuizawa (Japon), où les pays ont confirmé leur détermination à éliminer progressivement les subventions inefficaces aux combustibles fossiles et encouragé ceux qui ne l’avaient pas encore fait à se prêter à l’exercice de l’examen par les pairs.

 

 

Points de repère

 

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