France – 13/03/2026 – energiesdelamer.eu.

Maud Bregeon, Porte-parole du Gouvernement et ministre déléguée chargée de l’Énergie, et Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, réunissent ce vendredi 13 mars les représentants de la filière de la pêche, des établissements bancaires et des énergéticiens pour évoquer les conséquences de la situation internationale sur les professionnels de la pêche français et les réponses à y apporter collectivement.

La flambée brutale du prix des carburants maritimes (essence dans les DOM et surtout gazole) sont directement concernés.

Lundi 16 mars, Monique Barbut, Ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature de France, reçoit Olivier Le Nézet, président du Comité National des Pêches Maritimes et des Elevages Marins (CNPMEM), en présence de Catherine Chabaud.

 

L’embrasement du conflit au Moyen-Orient a provoqué de fortes tensions sur les marchés pétroliers.

Le communiqué du 9 mars : Le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM) alerte sur la situation critique dans laquelle se trouve la flotte de pêche française. La flambée rapide du prix du carburant menace directement la viabilité économique de nombreux armements et fait peser un risque immédiat d’immobilisation d’une partie de la flotte et donc de graves répercussions pour les ports de pêche et la filière aval.

Cette hausse brutale intervient dans un secteur dont l’équilibre économique reste extrêmement fragile suite aux chocs du Brexit, du Covid et de la guerre Russie-Ukraine. En quelques jours, le prix du gasoil maritime est passé d’environ 0,62 € le litre à plus de 0,82 €, voire jusqu’à 1 € dans certains ports, soit une augmentation pouvant dépasser 40 % selon les zones d’approvisionnement.

Pour les armements à la pêche, une telle évolution est tout simplement impossible à absorber. Le carburant représente déjà l’un des premiers postes de charges pour les navires et, à ces niveaux de prix, sortir en mer devient rapidement non rentable, conduisant les armateurs concernés à envisager de rester à quai. La situation est d’autant plus préoccupante que, même lorsque les bateaux ne sortent pas, les salaires doivent être maintenus et les charges continuent de courir, fragilisant directement les entreprises de pêche.

Au-delà des armements, c’est toute la filière qui est exposée à un effet domino : mareyeurs, transporteurs, grossistes, poissonniers, entreprises de transformation et distributeurs. Si les navires cessent leur activité faute de rentabilité, c’est l’ensemble de l’écosystème économique des ports et des territoires qui se trouve remis en cause.

Face à cette situation, la filière pêche appelle les pouvoirs publics à agir rapidement. En préalable, il faut que les metteurs en marché cessent de spéculer sur la situation actuelle.

La profession demande ensuite la mise en place d’un dispositif d’urgence permettant de faire baisser le prix du carburant à la pompe, notamment par la remise en place de la taxe incitative relative à l’utilisation de l’énergie renouvelable dans les transports (TIRUERT – taxe incitative qui vise à promouvoir l’énergie produite à partir de ressources renouvelables), mais aussi l’activation du mécanisme de soutien ouvert par l’Union européenne suite à la crise liée à la guerre en Ukraine en prenant en compte le navire, seule unité économique pertinente. Au titre de l’urgence, il faut aussi que les encours de prêts soient gelés et que les réseaux bancaires jouent le jeu de la continuité économique.

Sans réponse rapide, le risque est réel de voir une partie de la flotte durablement immobilisée et la filière brutalement affaiblie, alors même qu’elle joue un rôle essentiel pour l’alimentation, l’économie maritime et la vitalité des territoires littoraux comme l’ont rappelé les différents ministres lors du Salon International de l’Agriculture.

« Quand le carburant flambe à ce point, certains bateaux ne peuvent tout simplement plus sortir en mer. À ces niveaux de prix, on travaille à perte. Si rien n’est fait rapidement, des navires vont rester à quai et c’est toute la filière qui va en subir les conséquences. Il faut qu’une solution se déclenche très vite : la profession a littéralement besoin de réponses concrètes et immédiates des pouvoirs publics », alerte Olivier Le Nézet, Président du CNPMEM.

 

Photo Ministère de la transition énergétique

Complément d’information 17h30 communiqué par le CNPMEM

Au cours de la réunion, plusieurs engagements ont été décidés afin de limiter l’impact de la flambée du carburant sur l’activité des navires. Il a ainsi été convenu que tout comme les hausses les baisses du prix du carburant seront répercutées à la pompe, que les metteurs en marché vont réexaminer un soutien au prix à travers les dispositifs fiscaux existants, et que les réseaux bancaires vont étudier dès maintenant au cas par cas, les situations des armements confrontés à des difficultés de trésorerie.

La profession a pris acte de ces premiers éléments et appelle désormais à les traduire rapidement en mesures opérationnelles afin d’éviter toute immobilisation de navires et toute dégradation de la situation sociale des équipages.

« Les premières pistes évoquées aujourd’hui vont dans le bon sens mais elles doivent désormais se traduire rapidement par des mesures concrètes et opérationnelles. La flambée du carburant fragilise directement l’équilibre économique de nombreux navires et pèse sur la rémunération des marins. Il est donc essentiel que les solutions discutées puissent se matérialiser rapidement afin de permettre aux armements de continuer à sortir en mer et ainsi, préserver l’activité dans les ports « , déclare Olivier Le Nézet, Président du CNPMEM.

POINTS DE REPÈRE

Abonnez-vous aux articles complets, publiés dans les newsletters, ou inscrivez-vous gratuitement au Fil info de l’agence de presse d’energiesdelamer.eu.

Avec l’abonnement (nominatif et individuel) l’accès est illimité à tous les articles publiés.
Abonnements : Aziliz Le Grand – Mer Veille Energie

Suivez-nous sur les réseaux sociaux Linkedin et Facebook

Le Répertoire est le carnet d’adresses partagé des membres soutiens d’energiesdelamer.eu. Les adhésions des membres permettent l’accès gratuit aux articles publiés sur leurs activités par energiesdelamer.eu. Véritable outil de veille et de documentation, la database comprend 11 786 articles d’actualité qui ont été indexés quotidiennement, depuis août 2007.

 


Ne copiez pas l’article, copiez le lien, vous protégez ainsi les droits d’auteur de notre équipe rédactionnelle.


Publicités Google :