France- Mardi 12/03/2019. energiesdelamer.eu. Que s’est-il passé entre vendredi 21 h 58 et dimanche 15 h 23 ? pour que le projet de loi relatif à l’énergie ne soit pas présenté hier au Conseil des ministres demande Libération ?

 

Vendredi, l’Elysée avait annoncé la présentation du projet de loi relatif à l’énergie et au climat au Conseil des ministres de lundi, mais, 48 heures plus tard le projet disparaît du « bleu » et un communiqué était publié par l’Elysée pour annoncer que « Le président de la République, en accord avec le Premier ministre et le ministre d’Etat François de Rugy, a souhaité renforcer l’ambition du texte en matière d’efficacité énergétique et de baisse des émissions de gaz à effet de serre », confirmant ainsi une information du Parisien.

Le projet de loi énergie-climat remis par l’État au Conseil économique, social et environnemental (CESE) avait fuité dans la presse jeudi 7 février dernier. Le texte, précède l’adoption de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et le CESE devait rendre son avis sur le projet le 27 février. La formulation des nouveaux objectifs en matière de lutte contre le réchauffement climatique avait d’ailleurs été critiquée par le Cese dans un avis rendu public le mois dernier.

Ensuite il devait être soumis au Conseil d’État puis au Conseil des ministres d’hier.

Ce qui pourrait changer

L’objectif de baisse de la consommation d’énergie, que le gouvernement voulait réduire de 17% par rapport à 2012, et non plus de 20%, ne sera finalement pas raboté.

Et celui de la neutralité carbone en 2050, terme préféré à l’ancienne cible visant à diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre, « sera renforcé », a détaillé l’Elysée.

Selon le député (ex-LREM) Matthieu Orphelin, le nouvel objectif serait désormais de les diviser par six. « Il faut maintenant se donner les moyens d’y arriver », et il demande au gouvernement « de grandes mesures pour accélérer la rénovation énergétique des bâtiments, le basculement vers les mobilités propres, ou encore la consommation durable ».

Une source au ministère de la Transition écologique a rappelé à l’AFP que le président Emmanuel Macron avait plaidé pour « +aller plus vite, plus loin, plus fort en matière d’écologie+ » lors d’un débat à Gréoux-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence) jeudi face à des jeunes agriculteurs et que « le report du texte et les modifications dont il devrait faire l’objet s’inscrivent dans cette démarche ».

Cette même source a ajouté que les modifications prévues nécessitaient un nouvel avis du Conseil d’Etat. Mais selon l’Elysée, cela « ne devrait retarder ni le calendrier parlementaire ni l’approbation de la PPE ».

Une inscription au Parlement en juin 2019

Le renforcement des objectifs « est positif » et constitue « un pas dans le bon sens », a mentionné Anne Bringault, du CLER (Réseau pour la transition énergétique) et du Réseau Action Climat.

Mais remarque similaire, « maintenant ce qui manque, ce sont les moyens d’action concrets pour atteindre cet objectif. C’est là-dessus qu’on sera particulièrement vigilants », a-t-elle indiqué à l’AFP, soulignant la nécessité de mettre l’accent notamment sur la rénovation énergétique, « puisque le bâtiment est le premier secteur consommateur d’énergie ».

Par ailleurs, « sur le nucléaire, pour nous il n’est pas normal que l’objectif de 50% (de nucléaire dans la production d’électricité française) reste à 2035 alors qu’on va faire plus d’économies d’énergie », a-t-elle dit. Cet objectif de 50% était auparavant attendu pour 2025, mais a été repoussé par le gouvernement.

« Nous attendons d’Emmanuel Macron et du gouvernement qu’ils ne se contentent pas de réaffirmer des objectifs déjà actés, mais proposent des mesures à la hauteur de l’urgence climatique », a indiqué pour sa part Greenpeace France.

Alix Mazounie de la commission Energie à Greenpeace France à déclaré à l’AFP, « Sur le nucléaire, repousser les échéances de dix ans nous fait perdre encore un peu plus de temps et fait peser des risques inconsidérés sur la population ».