France – Jeudi 03/11/2016 – Quotidienne energiesdelamer.eu. A l’occasion de son colloque annuel l’UFE a dévoilé son étude consacrée au financement de la transition énergétique en mettant l’accent sur la maîtrise de la demande, volet sous-estimé dans le cadre de la PPE.

Un an après l’adoption de l’Accord de Paris et de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV), qui fixe à la France un objectif de réduction de 40 % de ses émissions de GES en 2030 par rapport à celles de 1990, la question du pilotage de cette transition reste entière.

Pour la première fois, la transition énergétique est traduite précisément, année par année, en une somme d’actions à réaliser sur l’ensemble des consommations d’énergie.

L’UFE montre que l’on pourra financer l’atteinte des objectifs climatiques à condition de concentrer les efforts et les ressources sur ce qui est le plus efficace ; il en ressort ainsi qu’avec seulement 10 actions bien ciblées, la France pourrait atteindre d’ores et déjà, et à moindre coût, 75% de l’objectif de réduction des émissions de CO2 fixé par la LTECV.

La COP21 et l’Accord de Paris ont marqué un tournant dans la lutte contre le changement climatique. Réduire de 40% ses émissions de GES d’ici 2030.

La difficulté de cet objectif réside dans la faiblesse des marges de manœuvres financières nationales. Afin de respecter les engagements climatiques, il sera donc essentiel de viser l’efficacité climatique, qui repose sur deux axes : • Réduire les consommations d’énergie sans renoncer pour autant au confort des conforts réclamés: c’est l’efficacité énergétique. •

Changer les habitudes en basculant les modes de consommation d’énergies fortement carbonées (pétrole et fioul) et qui pèsent sur la balance commerciale du pays, vers l’électricité et les bioénergies : c’est la substitution entre énergies.

Comment faire en pratique ?

Aligner les outils fiscaux avec les objectifs climatiques :

L’étude de l’UFE met en évidence 3 clés pour une transition énergétique réussie :

Se fixer une trajectoire soutenable financièrement pour atteindre notre objectif de réduction d’émissions de CO2, en minimisant les coûts et en maximisant les bénéfices. La trajectoire optimisée par l’UFE nécessite 30 milliards d’euros d’investissements par an sur la période 2015-2030, mais génère en contrepartie 33 milliards d’euros d’économies chaque année sur les consommations d’énergie.

Identifier les actions prioritaires de la transition climatique pour éviter des dépenses peu efficaces au regard de l’objectif de lutte contre le changement climatique.

Mettre en cohérence les outils de politique publique, réglementaires et financiers. Le but est également d’être le plus efficace possible en termes d’euros perçus ou dépensés.

Faire émerger les territoires…

Trois  illustrations concrètes :

. Respecter la trajectoire d’évolution du prix du CO2 (jusqu’à 100€/t en 2030 pour la Contribution Climat Energie), pour inciter l’ensemble des acteurs économiques à réduire leurs émissions de CO2 ;

. Redistribuer les recettes générées pour soutenir les solutions les plus efficaces dans la mobilité ou le bâtiment (via en particulier le Crédit d’Impôt Transition Energétique et le bonus-malus), les deux secteurs les plus émetteurs, mais aussi pour aider les ménages en situation de précarité énergétique ;

. et à l’inverse, ne pas gaspiller cet argent sur des actions inefficaces qui génèrent très peu d’économies de CO2. Cela plaide pour retirer par exemple les remplacements de fenêtre et les chaudières fioul de l’éligibilité au crédit d’impôt transition énergétique.

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En structurant ainsi la démarche de financement de maîtrise de la demande, il y a aussi une opportunité de croissance pour le pays avec un gisement net potentiel de 235.000 créations d’emplois, à condition de bien gérer les conditions sociales de cette transition et la capacité d’adaptation des filières industrielles.

L’étude sera en ligne dès demain matin dans la rubrique publications du portail energiesdelamer.eu