France – 22/03/2026 – energiesdelamer.eu.

Il y a un mois jour pour jour, des associations de citoyens, d’architectes, d’urbanistes des Hauts-de-France ont lancé un appel, plus que jamais d’actualité, notamment pour les maires et les collectivités qui doivent gérer la montée des eaux, les inondations … Elles viennent d’être rejointes par l’association Conséquences qui s’intéresse plutôt à l’agriculture.

Dorénavant on le sait ! Le niveau de la mer est beaucoup plus élevé qu’on le pense et la plupart des évaluations des risques côtiers. Comment les estimations ont-elles pu être remises en cause et pour quelles raisons de telles erreurs ont-elles été possibles selon Philip Minderhoud et Katharina Seeger du Wageningen University & Research qui ont publient leurs résultats dans la revue scientifique Nature de ce mois et dont energiesdelamer.eu a rediffusé les résultats.

 

Nous,
Le Cocon HdF,
Stop Inondations Audomarois,
Collectif Marais Audomarois,
Nord Nature Environnement,
Association des Urbanistes des Hauts de France,
Conseil Français des Urbanistes,
Société Française des Urbanistes,
Territoire Europe,
Architecte,
Habitants,

Associations, Collectifs, Sociétés, Citoyens… engagés qui œuvrons avec les habitants de territoires vulnérables à préparer un avenir souhaitable en contexte de multiplication des phénomènes extrêmes, inondations, submersions, etc… demandons aux élus, candidats aux élections, et institutions de s’engager avec force à nos côtés pour commencer toutes affaires cessantes à adapter des habitats, quartiers, paysages, afin de ne plus continuer à subir, mais de reprendre collectivement la main sur ce qui se joue et va continuer de se jouer toujours plus fort, du fait du dérèglement climatique.

Nous demandons d’user pour cela du droit d’expérimenter, au-delà des cadres existants qui sont alignés sur des situations passées et n’intègrent pas les projections scientifiques, les contrôles et corrections s’effectuant alors en aval, par observations dans le temps des modifications et innovations réalisées (Par exemple dans le cadre du bassin versant de l’Aa).

A une heure de discrédit de la parole politique, des promesses sans lendemain, des débats sans fin, il reste l’action qui réunit.

Il est urgent de rendre l’espoir aux habitants en commençant dès maintenant ces chantiers participatifs qui témoigneront de cette mise en action collective: subir n’est pas inéluctable.

A l’issue de la dernière guerre notre pays ruiné, en grande partie détruit, a su se reconstruire en quelques années en inventant un modèle solidaire et intergénérationnel unique, que le monde entier nous a envié et qui inspire toujours. Il est à même de créer aujourd’hui de nouveaux modèles économiques, de nouveaux métiers,  de nouvelles manières d’habiter ensemble, en devenant expert en prendre soin des habitants, de leurs habitats, de leurs territoires sinistrés.

Nous disposons d’une jeunesse que cela regarde directement, car c’est de son avenir dont il s’agit: nous demandons que vous lui permettiez de commencer dès maintenant, dans le cadre de ses études, de ses apprentissages, à arpenter nos territoires vulnérables à la rencontre des habitants, associations et institutions pour être, dans le cadre de ses compétences, d’ores et déjà force de proposition, actrice de l’adaptation de ses futures missions et métiers, face  aux défis immenses d’un avenir où plus rien ne sera stable, hormis, si nous le voulons, notre capacité à traverser ensemble les crises qui vont aller se multipliant.

Nous avons besoin pour cela de la collaboration active de tous.

Des assurances qui, plutôt que de rembourser des travaux de réparation à l’identique, peuvent commencer de suite à adapter ce qui est possible, et  financer les expérimentations dont elles seront les premières bénéficiaires, renouant par la même occasion avec leur vocation de mutualisation de la protection, redevenant l’expression agissante de la solidarité des habitants.

Des professionnels du bâtiment et de l’aménagement du territoire et du paysage dont nous avons besoin pour réaliser ces lieux expérimentaux: bâtir pour l’avenir avec l’existant,

pour restaurer des milieux, adapter les villes et les bâtiments, rétablir la porosité des sols et la continuité du cycle de l’eau, et non plus pour une rentabilité immédiate au prix de la sécurité est libérateur de talents et d’enthousiasme.

Des agriculteurs prêts à se lancer dans des pratiques protectrices du territoire, en testant par exemple l’hydrologie régénérative,  l’agroforesterie,  en s’inspirant des pratiques du passé, en pouvant de nouveau vivre de l’élevage en pâturage: ils sont les premiers sur le front du dérèglement climatique, donnons-leur les moyens aussi d’être nos avant-gardes dans le combat contre les catastrophes anthropiques.

Des entrepreneurs et industriels qui sauront réorienter leurs investissements et leurs outils de production dans la recherche de  process, produits et services résilients et régénérants, dès lors que nous aurons de nouveau des capitaines pour gros temps.

Nous vous invitons donc, vous politiques d’aujourd’hui et de demain, à prendre votre part afin que nous nous mettions en synergie et portions ensemble un tel plan, vital pour notre pays: il est plus qu’urgent d’ouvrir le chantier immense qui nous attend.

Croyant que ce que nous réaliserons alors non seulement nous soignera collectivement des maux qui nous affectent tous à subir, mais pourra inspirer les autres régions d’Europe et du monde confrontées aux mêmes conséquences destructrices du réchauffement climatique, et nouer avec elles des relations d’entraide génératrices de paix.

Pour notre pays et ses habitants,

Pour notre planète entrée dans les turbulences d’un réchauffement climatique sans précédent à l’échelle de l’histoire humaine,

Vaisseau commun dans lequel sont embarqués aussi toutes les autres espèces vivantes, avec lesquelles nous sommes en besoin et devoir d’inventer de nouvelles alliances,

Haut les cœurs ! Inéluctable n’est pas français, n’est pas humain.

Le programme adapto+

Le projet adapto a permis des apprentissages multidisciplinaires (entre géophysique, écologie, sociologie et économie des territoires) pour tous les acteurs des littoraux : collectivités, chercheurs, gestionnaires, usagers… Convaincus de l’intérêt d’une approche de gestion souple de la bande côtière, le Conservatoire du littoral et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) ont lancé en 2017 le projet Life Adapto pour répondre à l’enjeu d’adaptation des zones littorales peu urbanisées aux effets du changement climatique dont l’élévation du niveau de lamer. Grâce à ces retours d’expérience, des actions de reconnexion sont désormais envisagées à plus large échelle ailleurs en France : par exemple sur la baie d’Authie (Hauts de France) mais aussi dans l’estuaire de l’Orne, la Baie de Lancieux en Bretagne, dans le delta de la Leyre (Gironde) ou la restauration écologique, notamment des cordons dunaires ont été menés en 2014 à Larmor-Plage (Lorient).

Malgré leurs succès, ces nouveaux modes de gestion ne sont pas sans susciter des craintes. Leur principal point noir : la perception du temps nécessaire à la mesure des progrès avaient rappelé dans une tribune publiée en 2024 par The Conversation, Cécile Capderrey Ingénieur environnements et risques littoraux, BRGM, Anne-Eléonore Paquier Ingénieure littoral, géomorphologue, Manuel Garcin BRGM et Olivier Brivois Chef de projet, BRGM.
« Les réticences des populations et des gestionnaires à l’égard des Solutions Fondées sur la Nature résident dans le sentiment de moindre protection qu’elles offrent par rapport aux ouvrages « en dur » et dans le fait que leurs effets bénéfiques ne sont pas toujours immédiats ».
C’est la raison pour laquelle l’ensemble des suivis de terrain menés dans le projet adapto, initié par le Conservatoire du Littoral et qui se déroulent aujourd’hui dans le cadre de programme adapto + sont essentiels, sans omettre l’importance du financement pour la création d’un Fonds Érosion Côtière proposé par Sophie Panonacle, Députée de Gironde et présidente du Comité national du trait de Côte, toujours en attente.
Si le Life Adapto était un projet de démonstration avec une portée locale importante, l’approche nécessitait une approche à plus vaste échelle afin de décupler l’impact de cette nouvelle méthode de gestion des littoraux : c’est la raison d’être du Life Adapto+.

Cofinancé par l’Union Européenne, le Ministère de la transition écologique, et la Banque des Territoires, le Life Adapto+ vise à déployer à large échelle la gestion souple de la bande côtière pour les zones exposées aux phénomènes liés à l’élévation du niveau de la mer, en associant les acteurs locaux à la gestion et à la création de zones tampons naturelles. Au total, 15 nouveaux sites sont impliqués dans la démarche du Life Adapto+, avec une extension des pratiques de gestion souple à 10 territoires supplémentaires d’ici 2029.

 

POINTS DE REPÈRE

« Habiter le littoral autrement », point de vue de Bernard Kalaora, anthropologue

Le niveau de la mer est bien plus élevé qu’on ne le pense. Où se trouve l’erreur ?

 

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