Oléron – France (U.E) – Jeudi 10/12/2014 – Energies de la mer WPD Offshore lance un nouveau projet de parc offshore en Poitou-Charente et interview de Vincent Balès, propos recueillis par Brigitte Bornemann

 
 
Wpd Offshore prévoit l’installation de 60 à 80 éoliennes offshore, pour un investissement d’environ €2 milliards au large d’Oléron en Charente Maritime en région Poitou-Charente
 
 

Vincent Balès directeur général de Wpd France et Antoine Monteillet, chef du projet Oléron ont présenté le 3/12/2014 dernier aux élus de la Communauté de communes de l’île d’Oléron présidée par Pascal Massicot un projet de 500 MW pour un coût de €2 milliards pour l’implantation d’un nouveau parc en prévision du 3è volet de l’appel d’offres éolien offshore qui devrait être lancé en avril 2015.

Il serait situé à plus de 15 km au large des côtes d’Oléron dans une zone en cours de définition avec les pêcheurs de la Région dont les fonds atteignent 20 à 30 m.
 
Dans cette perspective, la société WPD avait lancé depuis début 2013 ses premières investigations sur la faisabilité d’un parc éolien qui pourrait être réalisé à l’horizon 2020-2025 au large des  communes de l’ouest Oléronais.
 
 
 
 
 
Points de repère

. L’opposition
La Charente Libre a publiée en septembre dernier un article relatif à l’opposition de Michel Broncard qui « incarne depuis 15 ans, sinon l’opposition, au minimum l’extrême vigilance à l’égard de tout projet éolien dans ce département de la Charente-Maritime ».
Son association, « Vent de colère », qui a été rebaptisée « Vent de contraste en pays d’Aunis » le parc de Sheringham Shoal en mer du Nord où sont implantées 88 éoliennes.
 
 
 
. Un nouveau appel d’offres

En avril 2015, un nouveau volet de l’appel d’offres éolien offshore devrait être lancé
Le 2/12/2014, à l’occasion de l’inauguration des usines Alstom et de la tenue des 10è assises de l’économie maritime à Nantes organisé par Le marin et le cluster maritime français, Ségolène Royal, ministre de l’Énergie, avait indiqué que le lancement de projets allant dans le sens du développement durable comptait parmi ses dossiers prioritaires. Il devra prendre en compte  » le retour d’expérience des premiers parcs pour réduire les coûts » dixit la ministre. Le volume sera fixé « dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l’énergie ».
Prenant en compte la demande du Syndicat des Energies Renouvelables (SER), la procédure d’attribution sera également révisée. L’appel d’offres « sur critères » sera remplacé par « un dialogue compétitif », a précisé Ségolène Royal. Les zonages sont en cours. Des consultations publiques sur ces zonages prévus pour l’offshore posé et flottant sont prévus jusqu’au 30 avril 2015. Le lancement de l’appel d’offres pourrait être effectif dans la foulée.
 
 
 
Qui est Wpd?

Créée en 2007, Wpd offshore France développe des projets éoliens maritimes au large des côtes françaises. C’est une filiale à 100% du groupe wpd, producteur d’énergie renouvelable et expert de l’éolien en mer.
Dans le cadre du premier appel d’offres pour l’éolien offshore, lancé par le gouvernement français le 11 juillet 2011, wpd offshore France a remporté avec le Consortium Eolien Maritime France (EDF Energies Nouvelles – DONG – wpd offshore France – Alstom) le développement de ces deux sites : le projet de Fécamp (Seine Maritime) et celui de Courseulles-sur-Mer (Calvados), soit une puissance totale cumulée de 948 MW.
 
Les recettes fiscales escomptés pour la communauté de communes
 
Une taxe de 13.000 euros par MW et par an à partager entre les collectivités, le comité des pêches et les associations environnementales en fonction de leurs projets ».
 
Pascal Massicot est le maire de Saint-Trojan-les-Bains et a été élu président de la communauté de communes le 14/04/2014. La commune fait partie depuis 2011 du réseau « Villages de pierres et d’eau », label initié par le conseil général afin de promouvoir des sites exceptionnels présentant la particularité d’être situés au bord d’une étendue d’eau (mer, rivière, étang…). Il est situé au sud de l’Ile d’Oléron.
 
Questions à Vincent Balès
 
EdM – Depuis quelle année préparez-vous le dossier Oléron?
 
Vincent Balès : Dans la continuité de nos succès lors du premier appel d’offres dont les résultats ont été annoncés en 2012, nous avons décidé de lancer de nouveaux projets. Le secteur d’Oléron étant particulièrement favorable à l’éolien en mer d’un point de vue technique, il était tout naturel pour nous de lancer des études dès 2013.
 
EDM – Par quel bureau d’études avez-vous fait réaliser les études environnementales?
 
VB : Nous avons fait appels à de nombreux experts reconnus, par exemple au niveau national le BRGM (bureau de recherches géologiques et minières) pour l’étude des sols, et au niveau local la LPO (ligue de protection des oiseaux) pour les études avifaunes.
 
 
EDM – Actuellement vous êtes lié avec Alstom. Pensez-vous faire un nouveau tour de table?
 
VB : Alstom est un partenaire de choix pour le premier appel d’offres, ils viennent d’inaugurer leurs usines à Saint-Nazaire et il faut désormais les remplir. Mais il s’agit d’un nouvel appel d’offres et les futurs consortium ne se constitueront que courant 2015.
 
 
 
EDM – Quels sont les retours d’expérience dont vous bénéficiez déjà et que vous pourrez apporter au prochain consortium?
 

VB : Nous bénéficions de deux types de retours d’expérience qui sont complémentaires et feront de wpd un acteur central de son futur consortium :

       
       D’une part son expertise de la construction avec la réalisation en cours du parc éolien en mer de Butendiek en Allemagne (80 éoliennes) qui sera mis en service au printemps 2015
 .  
       D’autre part son expérience du développement de projets en France avec la poursuite des projets de Courseulles-sur-Mer et Fécamp dont les débats publics ont eu lieu, les études d’impact sur l’environnement ont été réalisées et les demandes d’autorisation d’occupation du domaine public maritime viennent d’être déposées.
Cette double expertise fait de wpd Offshore un acteur complet qui aura tous les atouts pour faire du projet éolien en mer d’Oléron une véritable réussite.
 
 
 
EDM : Dernière question à propos du recours contre GDF SUEZ. Où en êtes-vous ?
 
VB : Pas de nouveaux éléments
 
 

Points de repère

 
Commentaire : WPD France n’a semble-t-il pas renoncé au parc éolien des deux îles au large de la Vendée sur lequel il a travaillé depuis 2007. La justice administrative avait rejeté en juin 2014 son référé précontractuel
Le mardi 9/09/2014, Wpd a déposé un nouveau recours qui fait suite au recours gracieux déposé début août 2014 auprès de la ministre de l’Ecologie. Ségolène Royal disposait de deux mois pour trancher. Le nouveau recours, déposé le 1er août dernier. Pour mémoire, selon la dépêche AFP de l’époque, Wpd conteste « la faisabilité technique » et la « recevabilité » de l’offre de GDF-Suez et avait demandé « un réexamen des dossiers ».
Wpd Offshore France faisait partie du consortium mené par EDF Energies Nouvelles qui s’était porté candidat pour ce parc dans le cadre du 2e volet de l’appel d’offres gouvernemental pour le développement de l’éolien en mer. WPD Offshore avait déposé un premier recours le 15 mai auprès du tribunal administratif, qui l’avait rejeté sur la forme. WPD critique notamment le choix des fondations d’éoliennes ancrées au sol adopté par le consortium concurrent, qui serait « incompatible avec le site » constitué essentiellement de roches granitiques.
 
Le groupe estime également que le projet lauréat n’a pas respecté la condition de minimisation des traversées de câbles entre les éoliennes, inscrite au cahier des charges.
 
 
 
Le ministère de l’Ecologie et de l’Energie avait deux mois, soit jusqu’au 1er octobre, pour répondre au recours de Wpd. Il peut décider de faire réévaluer les offres à la lumière de ces réserves techniques ou relancer complètement l’appel d’offres.
 
A l’époque Vincent Balès avait déclaré « Nous souhaitons avoir un entretien avec la ministre (Ségolène Royal, ndlr) pour avoir des explications, notamment sur l’évaluation de la Commission de régulation de l’énergie », qui a présidé au choix du gouvernement.