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France (U.E) 11/09/12 energiesdelamer.eu – Le blog de veille energiesdelamer.blogspot.com fait sa rentrée avec une bonne nouvelle !

Que devient l’appel d’offres éolien offshore qui devait faire suite aux résultats proclamés le 6 avril 2012 ? 

D’après Reuters (du 10 septembre qui cite une source industrielle) et Les Echos de ce matin, le gouvernement français prévoit d’annoncer le lancement du deuxième volet de l’appel d’offres sur l’éolien en mer dans la foulée de la première conférence environnementale et de la transition énergétique qui se tient les 14 et 15 septembre prochains au Conseil économique, social et environnental à Paris.

Ce serait une vraie bonne surprise pour les industriels, les sous-traitants,  etc… et les élus qui se sont engagés fortement. Le projet d’un autre appel d’offres pourrait même y être dévoilé, indique la source industrielle mentionnée par Reuters.

Cet appel d’offres représenterait environ 1.300 mégawatts (MW) – soit l’équivalent d’un réacteur nucléaire de deuxième génération – répartis sur deux sites : 600 MW au large de l’île de Noirmoutier (Vendée) et 705 MW au large du Tréport (Seine-Maritime).

Depuis le 6 avril dernier (ICI), nous savons que
1428 MW ont été attribuées  au consortium EDF, Alstom et Dong qui a remporté 3 des 4 sites du premier volet, 500 MW pour le site de Saint Brieuc qui lui a échappé et qui a été attribué au consortium hispano-britanico-français – Iberdrola et Eola RES avec AREVA. Rappelons que le cinquième site du « Tréport » fait l’objet d’une contestation par GDF Suez et Siemens, qui avait été le seul consortium à faire une proposition. Celle-ci avait été « jugée trop coûteuse » par Eric Besson, le ministre de l’époque, sans oublier Alain Longuent, le maire du Tréport qui était opposé au projet de Parc éolien des deux Côtes (voir la vidéo de l’ouverture du débat public sur le projet le 4 mai 2010 – sur Daily Motion). Aujourd’hui, la zone retenue serait décalée et réduite. Il semblerait donc qu’un accord soit intervenu et pourrait satisfaire tout le monde. D’après Reuters, Le Tréport pourrait donc faire également partie du second volet..

Le rôle des Régions pour les énergies renouvelables de la mer

Pierrick Massiot, le Président de la Région Bretagne a raison. Il n’est pas inutile de maintenir une certaine pression sur le Gouvernement, mais il ne faut pas oublier Henri Proglio, le Président d’EDF, un des acteurs majeurs de la production d’énergie nucléaire qui est venu le 6 septembre dernier à Brest pour la signature d’une convention de partenariat sur les énergies marines avec l’ENSTA (Ecole Nationale Supérieure de Techniques avancées Bretagne). Accompagné de quatre de ses Vice-présidents, Dominique Ramard (énergie), Loïg Chesnais-Girard (économie), Pierre Karleskind (mer et Europe) et Gérard Lahellec (transports), le Président de la Région Bretagne a rappelé combien le territoire était dépendant des apports extérieurs (10 % d’autonomie énergétique), et l’importance de développer la filière EMR afin, d’approvisionner en électricité foyers et entreprises de la région, conformément au Pacte électrique Breton.
En effet, conclu entre la Région, l’Etat et leurs partenaires (RTE, ADEME et ANAH) en décembre 2010, ce pacte prévoit la production, à l’horizon 2020, de 1.010 MW provenant des EMR, en complément des 240 MW, actuellement produits par l’usine marémotrice EDF du barrage de la Rance.

La Région a également tenu à rappeler qu’au delà de l’éolien offshore posé en baie de Saint-Brieuc, le site de Paimpol-Bréhat, où se trouve la ferme pilote d’EDF (photo de l’hydrolienne Arcouest OpenHydro-DCNS) et la future plate-forme d’essais, les courants du Fromveur et du raz de Sein sont très puissants et peuvent accueillir des hydroliennes.

Au récapitulatif, fait dans le communiqué de presse de la Région avec l’éolien offshore flottant, (projet de site d’essais WINFLO) qui associe DCNS et Nass et Wind au sud de l’île de Groix), la ferme pilote pour le houlomoteur également portée par DCNS et Fortum, il convient d’ajouter que la façade atlantique souhaite aussi se positionner avec le démonstrateur pour l’éolien flottant et le houlomoteur – SEM REV – site créé par l’Ecole Centrale de Nantes et le site d’essais privé créé par Alstom au Carnet pour tester son éolienne offshore « Haliade 150 » sur un site terrestre en bord d’estuaire.

Si les présidents de Région ont été particulièrement actifs depuis un à deux ans, comme Laurent Beauvais pour la  Basse Normandie, Jacques Auxiette pour les Pays de la Loire, Alain Rousset pour l’Aquitaine, Alain Le Vern pour la Haute Normandie, Michel Vauzel pour la Région PACA … ou depuis son élection Pierre Massiot, le successeur de Jean-Yves Le Drian, aujourd’hui ministre de la Défense, les présidents des Conseils généraux et les maires des villes portuaires telles que Brest (qui a vu son activité baissée avec la chute du groupe agro-alimentaire Doux ), Le Havre, Dunkerque, Cherbourg…. ne sont pas restés les bras croisés. Tous se sont sérieusement engagés financièrement aux côtés des régions pour que les aménagements portuaires nécessaires pour accueillir les installations et la maintenance des éoliennes offshore et des hydroliennes soient réalisées. Avec ce second volet, les entreprises pourront s’installer avec de meilleures perspectives et participer au développement ou à la maintenance des savoir-faire et à la création d’emplois locaux.

Toujours d’après le communiqué de presse, Pierrick Massiot, a rappelé « cette forte synergie entre acteurs, industriels, chercheurs, collectivités, chambres consulaires, agences de développement économique, dont Bretagne développement innovation », en ajoutant qu’elle avait sans doute joué en faveur du choix de Brest pour l’implantation du siège de l’institut France Energies Marines et de l’installation d’EDF au large de Paimpol-Bréhat.

Sources : Reuters, Les Echos, Conseils régionaux de Bretagne et de Basse Normandie, Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie