OSLO – (Norvège) – 28/06/2011 – 3B Conseils
Par Francis Rousseau
Le norvégien Statkraft a annoncé (ICI) la concrétisation de son projet de faire équipe avec l’entreprise japonaise Nitto Denko, leader mondial des membranes d’ultrafiltration pour le dessalement. Cette collaboration s’opère dans le but d’accélérer les progrès technologiques nécessaires au projet de centrale utilisant la technologie de l’osmose inverse pour produire de l’électricité.

Selon les termes de l’accord, c’est Hydranautics, filiale située à Oceanside (Etats-Unis) du groupe Nitto Denko basé à Osaka (Japon), qui développera des membranes spécialement conçues pour une utilisation à grande échelle dans les futures centrales osmotiques. Le but est de porter cette technologie encore expérimentale vers le stade commercial. Les membranes sont en effet une composante essentielle des générateurs d’énergie osmotique exploitant le processus naturel de l’osmose inverse. Rappel du principe : quand de l’eau salée se mélange à de l’eau contenant moins de sel, l’osmose provoque un écoulement naturel de la faible vers la forte salinité. Si les deux masses d’eau sont séparées par une membrane, celle-ci crée alors une résistance physique entre les deux masses d’eau, salée et non salée, laquelle génère une pression exploitée pour produire de l’énergie.
Statkraft, qui travaille sur l’énergie osmotique – également connue sous le nom de «énergie bleue» – depuis plus de 10 ans, a inauguré la première centrale osmotique pilote du monde en 2009 à Tofte dans la région d’Oslo. (cf. notre article du 9 octobre 2009).

Pour résumer je rappellerai que la centrale pilote de Tofte (photo ci- contre) bâtie à la fois au bord de la mer et à proximité d’un cours d’eau, utilise l’eau de mer et l’eau douce stockées dans deux chambres différentes, séparées par une membrane d’acétate de cellulose semi-perméable. L’augmentation de la pression exercée sur la chambre d’eau salée par la chambre d’eau non salée est utilisée pour entraîner une turbine Pelton qui va produire de l’électricité. A grande échelle, une centrale osmotique de 25 MW serait capable de traiter le passage de 50.000 litres d’eau de mer et de 25.000 litres d’eau douce à chaque seconde, produisant environ 166 GWh d’électricité par an – soit de quoi alimenter 30 000 foyers (chiffres et comparatifs Statkraft). La technologie de production d’énergie par osmose inverse est une technologie encore difficile à maîtriser, dans laquelle peu de pays en dehors de la Norvège ont osé se lancer jusqu’à aujourd’hui, car tout repose sur la membrane semi-perméable qui sépare les deux chambres aqueuses. La mise au point d’une membrane efficace, robuste et rendant les débits traités rentables, est maintenant expérimentée depuis de nombreuses années.

Yasushi Nakahira, directeur général de la division membrane mondiale de Nitto Denko et directeur général de Hydranautics, a insisté sur le fait que : « Développer certains éléments de la membrane pour la production de l’énergie osmotique correspondait tout à fait à la stratégie de Nitto Denko ». Fondés en 1918, Nitto Denko et sa filiale Hydranautics comptent plus de 31.000 employés répartis dans 27 pays. Ce sont les spécialistes du dessalement d’eau mais aussi du retraitement des eaux usées.

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Docs : Sites liés et cités. Photos 1 : Schéma du principe de fonctionnement d’une d’usine osmotique ©Statkraft. 2 : La signature de l’accord entre Statkraft, Nitto Denko et Hydranautics ©Nitto Denko