LONDRES (U-K) – 18/08/2008 – 3B Conseils – La compagnie Siemens Energy a remporté un important contrat pour assurer le raccordement au réseau du parc éolien britannique de Greater Gabbard, présenté comme le plus grand parc éolien offshore du monde. Précisons qu’ils sont plusieurs à revendiquer le titre en Europe comme aux Etats-Unis mais qu’aucun n’est encore achevé. Pour l’instant, le plus grand parc éolien offshore du monde sera allemand (Alpha Ventus) avec 25000 MW à produire par des turbines plus hautes que la cathédrale de Cologne, ce qui ne cesse de faire émettre à Berlin, des commentaires pour le moins réservés (cf. dépêche AFP du 14/08/2008 ICI). Le plus inattendu de ces commentaires a été rapporté par Der Spiegel et concerne un casse-tête bureaucratique qui s’est posé au plus haut niveau à propos de l’installation de toilettes dans les éoliennes pour les techniciens de maintenance ! Qu’on se le dise, donc, les éoliennes allemandes possèdent désormais des toilettes intégrées : la construction va pouvoir commencer !
Concernant le parc anglais Greater Gabbard, qui aura aussi nous l’espérons, une fois achevé, des toilettes dans chaque éolienne (!), il affichera une capacité de 500 MW produits par 140 éoliennes Siemens de 3.6 MW, implantées autour des deux bancs de Inner Gabbard et The Galloper en Mer du Nord, à 25kms au large de la côte du Suffolk (R-U). L’audacieuse construction de ce parc gigantesque a déjà commencé avec une première tranche de travaux d’infrastructures onshore commencées en juillet 2008 dans le village bien nommé de Sizewell (littéralement « Bonnetaille » !). Les constructions offshore proprement dites devraient commencer en juin-juillet 2009 pour s’achever en décembre 2010, le parc éolien devant être opérationnel début 2011. La connexion au réseau de cet immense gisement d’énergie éolienne implique la construction par Siemens de plusieurs plates-formes de raccordement aussi bien onshore qu’offshore : une plate-forme de câblage inter-sites de 33 kV et deux sous plates-formes offshore de 132 kV. Ces plates-formes concentreront l’énergie produite par les éoliennes pour l’envoyer à terre par câbles ensouillés sous les fonds marins, vers le site onshore de Sizewell, où l’électricité pourra être raccordée au réseau britannique. Ce projet est un des projets phares du gouvernement britannique en matière d’éolien offshore et un de ceux qui devrait satisfaire de la façon la plus significative aux objectifs qu’il s’est assigné en matière d’énergie renouvelables. Du point de vue technique, la construction de Greater Gabbard devrait permettre de réaliser un certain nombre de «premières» en matière d’éolien en mer : ainsi nous seulement il devrait être le plus grand parc éolien offshore dans le monde mais aussi le plus grand parc jamais construit en eaux profondes, de même que le premier projet du Royaume-Uni à être implanté dans les eaux internationales. Ce dernier point permettra peut être à ce projet d’échapper aux tracasseries du Ministère de la Défense Britannique qui s’évertue à entraver la construction des parcs éoliens pour raisons stratégiques alors que le Premier Ministre en a fait une priorité nationale. (Cf. récente dépêche AFP ICI et article sur ce blog le 3/03/2008 (ICI). Ce projet est aussi accessoirement le plus gros contrat jamais signé pour l’acquisition de turbines par Siemens Windpower. Le montant de la commande s’élève à environ 84 millions d’euros. Le projet de Greater Gabbard est détenu par Airtricity, société irlandaise rachetée par l’électricien britannique Scottish & Southern Energy dont la branche renouvelable a été élaborée conjointement par Aitricity et Fluor. Basée à Dublin, Airtricity était détenue jusqu’en janvier 2008 à 51% par la compagnie irlandaise d’énergie et de traitement de déchets NTR. Elle a déjà cédé ses activités nord-américaines à l’électricien allemand E.ON pour 1,4 milliard de dollars (949 millions d’euros) et avait annoncé en novembre avoir fait appel aux banques Crédit suisse et NCB pour la conseiller sur la vente de ses actifs européens.
Article : Francis Rousseau
Documents de référence : Brigitte Bornemann Blanc 3B Conseils ; AFP ; Reuters ; sites liés