PARIS – 28/01/08 – La publication le 18 /01/08 dernier d’une étude du Conseil Mondial de l’énergie éolienne (GWEC) permet une nouvelle analyse de la situation française. Malgré une opinion très favorable au développement de l’éolien en France, un sondage de l’institut LH2 publié pour le compte du Syndicat des énergies renouvelables (SER) avait conclu que  » 90% des français seraient favorables au développement de l’énergie éolienne  » , le pays accuse un grand retard par rapport à son voisin allemand. La France métropole qui représente le 2ème plus gros potentiel éolien d’Europe (après l’Ecosse), se situe au 10ème rang européen par la capacité éolienne installée (1.500MW), loin derrière les premiers que sont l’Allemagne (20.000MW) et l’Espagne (11.000MW) (chiffres fin 2006). Et encore ne parlons nous pas ici des ambitions britanniques détaillées dans nos précédents articles. L’éolien couvre actuellement 0,2% de la production électrique nationale en France, contre près de 6% en Allemagne. Certains ne manquent pas de faire remarquer que la France devrait se situer, en 2007, au 3ème rang européen en terme de puissance installée annuelle, derrière l’Allemagne et l’Espagne. Au niveau mondial, l’énergie éolienne est ainsi devenue l’un des principaux acteurs du marché énergétique, avec près de 25 milliards d’euros annuels investis dans la construction de nouveaux équipements et 20 000 MW supplémentaires installés dans le monde en 2007 selon le GWEC. Selon les experts, le retard de la France reflète une méconnaissance de l’enjeu industriel et énergétique de la filière. Il serait aussi le résultat d’un dur combat d’opposition mené par certaines organisations dès les débuts du développement industriel de l’éolien en France. Les plus connues s’appellent « Vent de colère » et « Vent du bocage ». Il semblerait que les « anti éoliens  » soient à l’origine de l’échec d’environ un tiers des projets et du retard de nombreux autres. Aujourd’hui, un délai de 3 à 7 ans est en général nécessaire pour qu’un projet voie le jour. Les partisans de l’éolien restent, malgré tout, optimistes : les études sérieuses se succèdent et font tomber l’un après l’autre les derniers arguments des opposants. Bien qu’elles soit moins développée qu’en Allemagne et en Espagne, la France dispose d’une structure qui regroupe les professionnels de l’éolien. Il s’agit de l’association France Energie Eolienne (FEE) fondée en 1996, qui rassemble près de 200 membres professionnels. La FEE constitue, depuis peu, la branche éolienne du Syndicat des Energies Renouvelables (SER). Le SER est ouvert aux industriels des énergies renouvelables et aux professionnels (bureaux d’études, constructeurs, producteurs, etc.) dont l’activité est liée aux énergies renouvelables. Du côté des entreprises proprement dit, certains n’hésitent pas affirmer qu’il n’existe pas de grands constructeurs français, mais on verra dans cet article que cela correspond de moins en moins à la réalité. Ainsi Valorem, une entreprise installée à Bègles près de Bordeaux et existant depuis 1994, est entrée en 2007 dans une phase plus active en signant avec le constructeur Canadien AAER, un accord permettant de sécuriser l’approvisionnement des éoliennes pour ses parcs en construction.
Concernant l’éolien offshore proprement dit, il apparaît clairement aujourd’hui que cette filière tant en France qu’en Allemagne, ne peut être soutenue que par des grands groupes, voir des géants. On ne cesse de le répéter, si la France bénéficie d’un excellent gisement éolien en mer à proximité des côtes, la nature des fonds, induit un défi technique similaire à celui de l’implantation d’éoliennes loin des côtes (comme en Allemagne) et des coûts de fondations élevés. En 2007, le géant français Areva est devenu propriétaire majoritaire du constructeur allemand Multibrid, filiale de Prokon Nord, scellant de fait, en matière d’éolien, un partenariat franco-allemand fort qui avait commencé un an auparavant. En 2008, Enertrag France, aussi filiale du même allemand Prokon Nord, fort de son expérience en mer du Nord, projette de donner corps à son projet d’un parc éolien offshore de 21 aérogénérateurs de 5 MW chacun installés à l’intérieur de la zone des 12 milles nautique au niveau des côtes normandes (projet côte d’Albâtre). Enertrag porte ce projet avec CECA SAS (80% Prokon Nord et 20% Enertrag). Ces partenariats peuvent être vus comme un premier résultat des travaux du bureau franco-allemand de coordination pour l’éolien mis en place en novembre 2006 pour initier la coopération entre les entreprises allemandes et françaises du secteur de l’éolien de façon à atteindre les objectifs inscrits dans le plan d’action international de la conférence  » renewables 2004 « . Ils sont les fruits d’une intense coopération entre le Ministère allemand de l’environnement, le Ministère français délégué à l’industrie, l’association allemande pour l’énergie éolienne (BWE, Bundesverband Windenergie), le Syndicat des Energies Renouvelables (SER) et un grand nombre de sociétés de la filière éolienne. Il semble désormais que pour le futur, les destins éoliens français et allemands soient indissociablement liés, et ce, aussi bien onshore et qu’offshore.
Article : Francis Rousseau
Sources : B.E de l’ambassade de France / GWEC / enerzine.com /
Photos : 1. Levage de l’hélice de la M5000 ©Multibrid / 2. Pale d’une M5000 ©Enertrag
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