SOUTHAMPTON (Royaume-Uni) – 21/07/2008 – 3B Conseils
Comme nous le laissions entendre dans notre article du 1er Juillet (ICI), le système anglais Anaconda d’exploitation d’énergie des vagues suscite de très nombreux intérêts au point que la M.I.T Technology Review, habituellement très avare en articles concernant les renouvelables de la mer lui a consacré tout un article la semaine passée (ICI). Le rédacteur de l’article qui commence par rappeler que le Département américain de l’Energie estime à 2 milliards de watts le potentiel de l’énergie des vagues ne manque pas de souligner toutefois que le défi technologique à relever pour tirer tout le parti de cette ressource au meilleur prix est  » herculéen « . Car c’est bien d’une question de prix de revient de l’électricité produite qu’il s’agit dans toutes les technologies des vagues actuellement testées à travers le monde et dont nous parlons régulièrement ici, des plus célèbres comme le Pelamis aux moins connues comme le Wave Dragon… Pour l’instant, cette nouvelle technologie Anaconda, est en cours d’élaboration au Royaume-Uni sous forme d’une maquette de laboratoire de 8 mètres de long et de 25 cm de diamètre. La grandeur réelle du prototype final atteindra 200 mètres de long et 7 mètres de diamètre. Ce nouveau monstre marin serait alors capable de produire 1 MW de puissance pour un coût estimé à environ 0,12 dollars du kilowatt-heure (0,7 centimes d’euro), ce qui est jugé comme compétitif par rapport aux coûts de l’électricité en provenance d’autres technologies similaires exploitant l’énergie des vagues. Comment Anaconda en arrivera-t-il à obtenir de tels résultats ? Tout simplement en employant – contrairement aux autres engins actuels – aucun matériau lourd pour sa construction mais… du caoutchouc et de l’eau. Il s’agit en effet d’un long tube en caoutchouc rempli d’eau et fermé aux deux extrémités.  » L’Anaconda de 1MW qui utilisera 110 tonnes de caoutchouc sera plus léger et moins cher que tous les autres engins exploitant l’énergie de vagues tout simplement parce qu’il utilise moins de pièces mobiles, de charnières et en général de métaux que les autres systèmes  » précise John Chaplin, ingénieur en génie civil et professeur à l’Université de Southampton chargé de mener les tests du projet qui ajoute, que  » sa structure en caoutchouc devrait beaucoup simplifier son entretien et accroître notablement sa résistance aux fortes vagues « . Nous sommes très loin des 770 tonnes de ferraille du procédé Pelamis et de ses 120 mètres de câbles métalliques et poulies. Nous sommes très loin de toutes les technologies testées jusqu’à aujourd’hui et dont le principal inconvénient est d’utiliser un matériau (le métal) extrêmement sensible à la corrosion marine et surtout… très cher. Techniquement l’Anaconda flotte horizontalement juste au-dessous de la surface de la mer mais amarré au plancher océanique. John Chaplin explique :  » Une extrémité fait face au ressac alors que l’autre contient la turbine. Lorsque la vague vient frapper le tube, cela crée un onde dans l’eau qui se trouve à l’intérieur du tube. L’onde ainsi créée se propage dans le tube avec une vitesse qui est fonction de son diamètre, de l’épaisseur des parois, et de l’élasticité du matériau. Le tube est conçu de manière à ce que la vitesse de l’onde interne créée soit la même que celle de la vitesse de la vague. La vague se déplace à l’extérieur du tube à côté de l’onde interne, ce qui a pour effet de la rendre de plus en plus grosse et de l’acheminer vers la turbine avec une puissance maximale « . Les tests en laboratoire dureront 3 ans mais, d’ores et déjà, cette évolution technologie majeure dans le domaine de l’exploitation de l’énergie des vagues en surface semble beaucoup intéresser les Etats-Unis dont le potentiel est estimé, selon Electric Power Research Institute, à 2100 terawatt-heures par an.
Article : Francis Rousseau
Documents de référence : Engineering and Physical Sciences Research Council, UK ; M.I.T Technology Review. Photos 1: simulation de plusieurs systèmes Anaconda en siutation de production © Engineering and Physical Sciences Research Council, UK. 2 : le prototype-mauqette Anaconda testé en laboratoire © Engineering and Physical Sciences Research Council, UK


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